Il n’est un secret pour personne que les manifestations politiques organisées à Conakry depuis 2012, ont entraîné des conséquences énormes. En plus des 94 morts, des blessés dont certains sont aujourd’hui handicapés, 1568 opérateurs économiques ont été victimes de pillages de leurs commerces pour près de 219 milliards de francs de pertes subies.

En 2016, une partie de ces victimes avaient eu un espoir de retrouver l’argent qu’elles ont perdu. Espoir né de la signature de l’accord politique du 12 octobre 2016, qui prévoit l’indemnisation des commerçants victimes de pillages lors des manifestations politiques de 2013. Mais, jusque-là, cette disposition de l’accord reste en suspens, au grand dam des opérateurs économiques et du GOHA, l’organisation dont ils sont membres et qui se bat pour leur indemnisation. Cette organisation fustige aujourd’hui le retard de la mise en œuvre de ce point de l’accord politique, et surtout de son exclusion des travaux du comité de suivi qui ont repris ce vendredi.

Après quelques semaines d’agitation qui ont suivi l’organisation des élections locales du 04 février 2018, le comité de suivi de l’accord du 12 octobre 2016 a repris ses travaux ce vendredi, 06 avril 2018. Les travaux qui mettent autour de la table les acteurs politiques de la mouvance et de l’opposition, la société civile et la communauté internationale représentée par certains ambassadeurs, se passent loin des yeux et des oreilles des opérateurs économiques victimes de pillages lors des manifestations politiques, et dont l’indemnisation est un des points de l’accord politique du 12 octobre 2016. Une situation que déplore Chérif Mohamed Abdallah le président du GOHA, qui crie à la ségrégation et à l’exclusion.

« Nous constatons que le GOHA a été ségrégué dans la composition de ce comité de suivi. Je rappelle que l’accord politique du 12 octobre 2016 prévoit l’indemnisation des commerçants victimes de pillages lors des manifestations politiques. Ces opérateurs économiques sont membres du GOHA, ils ont été recensés par le GOHA, et c’est le GOHA qui a revendiqué leur indemnisation. Je me demande donc pourquoi le GOHA n’est pas convié aux travaux du comité de suivi de cet accord pour aller représenter ces opérateurs victimes de pillages », s’interroge Chérif Mohamed Abdallah.

Le président du groupe organisé des hommes d’affaires réclame donc la participation de son organisation aux travaux du comité de suivi. Car, pour lui, il est inadmissible que les opérateurs économiques soient mis à l’écart d’un travail qui les concerne : « Donc nous disons que nous ne sommes pas d’accord et nous ne serons pas d’accord avec cette ségrégation, nous revendiquons notre participation aux travaux de ce comité de suivi. Comme il y a de nouvelles négociations qui commencent, nous demandons à ce qu’on puisse désigner une délégation qui va effectivement participer à ces travaux. Sinon, qui va défendre les opérateurs économiques victimes de pillages alors qu’ils ne sont pas présents ? Qui va parler à notre nom alors que c’est nous qui avons fait le travail jusque-là ? Donc si le comité veut faire un travail sérieux, il doit associer le GOHA à ses travaux », a-t-il estimé.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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