Les structures déconcentrées de l’Etat tout comme les autres services publics basés dans la ville de Télimélé, sont pour la plupart dans un environnement qui n’offre pas des conditions de travail adéquates. Des locaux délabrés et sous équipés, c’est le dénominateur commun de plusieurs structures de l’Etat dans cette préfecture, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place. 

En général, l’efficacité dans le travail dépend des conditions de travail. Et les conditions de travail impliquent, en plus d’un personnel qualifié et motivé, un bon local et les équipements nécessaires. Mais, à Télimélé, ces conditions sont loin d’être une réalité dans les services publics. Il est vrai que nous ne saurions juger les qualités des cadres de ces différents services de l’Etat. Mais, pour ce qui est de l’environnement de travail, on peut dire sans risque de se tromper qu’il n’est pas du tout favorable.

Sur le terrain, la situation saute aux yeux. A commencer par la justice de paix de Télimélé. La justice, vous le savez, c’est l’un des maillons les plus forts d’un Etat. De son indépendance, sa justesse et son efficacité entre autres, dépendent souvent la stabilité et le développement de l’Etat. La justice, c’est donc un symbole pour un pays. Mais, l’image que présente aujourd’hui la justice de paix de Télimélé, est peut-être symbolique, mais pas dans le bon sens.

En voyant le côté arrière du bâtiment, on a l’impression qu’il s’agit là d’une maison abandonnée. Et en arrivant devant le local, on est plutôt déçu. Car, on se rend compte que c’est ce bâtiment qui abrite les bureaux de ceux qui doivent rendre justice. Mais, ç’aurait été mieux si le mal s’arrêtait à ce niveau, c’est-à-dire à la seule image désagréable et pas digne d’une justice de paix que présente le bâtiment. Malheureusement, c’est cette même image qui se reflète à l’intérieur du local. Dans les bureaux du greffier en chef et du juge de paix, aucun ordinateur n’est visible. Tout ce qu’on y trouve, ce sont des tables et des chaises en bois, et des tas de papiers recouverts de poussière.

La situation est pratiquement la même à la direction préfectorale des travaux publics, à l’agence locale de l’EDG et au commissariat central de police pour ne citer que celles-là. Partout dans ces différents services de l’Etat, la vétusté des locaux, leur état insalubre et le manque d’équipements attirent en premier lieu le visiteur.

Mais sur place, tout le monde (responsables et cadres de ces services ndrl) semble se résigner face à cette situation. Seul le commissaire central adjoint de police a accepté de se prononcer au micro de Guineematin.com sur le sujet.

« Depuis 2007, le commissariat central de police de Télimélé a été brûlé, et jusqu’à nos jours, on n’a pas eu d’appui pour la rénovation de notre commissariat. Là où nous sommes actuellement, c’est un bâtiment de la commune urbaine, c’est la commune qui nous a logés ici en attendant, mais vous avez vu que ce n’est pas un commissariat digne de nom », explique le commandant Pépé Kpoghomou.

Il ajoute que le commissariat central de police fait face aussi à un manque de personnel. « Au centre ici, il n’y a que huit agents exécutants, plus le commissaire central et son adjoint, ce qui fait en tout dix personnes. Ensuite, nous n’avons pas de matériels conventionnels pour le maintien d’ordre, je voudrais parler des gazes lacrymogènes et des matraques, il nous manque également les moyens de déplacement ».

Le commandant Pépé Kpoghomou se félicite quand même de l’obtention par le commissariat central d’une Pick-up sortie d’usine, saluant de passage les efforts du Ministère de la sécurité et de la protection civile. « Maintenant, nous sollicitons des motos pour la sécurité routière notamment, parce que, depuis que la ville a eu le goudron les gens roulent à vive allure, et il y a beaucoup d’accidents de circulation qui sont enregistrés », a dit le commissaire central adjoint de Télimélé.

Pour ce qui est des autres services, c’est silence radio. Chacun ferme les yeux et fait semblant de travailler. Oui, dans plusieurs services publics de cette préfecture, les gens font semblant de travailler. D’abord, la plupart des responsables se rendent au bureau à 10 heures pour quitter à 16 heures. En plus, les cadres passent souvent leur temps assis devant leurs bureaux ou dans les bars-cafés de la ville. Comme pour dire que si le gouvernement oublie les structures de l’Etat se trouvant à l’intérieur du pays, il ne faudrait pas attendre à ce que ces structures jouent pleinement leur rôle sur le terrain.

De retour de Télimélé, Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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