Comme d’autres métiers, la peinture est une activité professionnelle qui favorise aujourd’hui l’emploi de beaucoup de citoyens de la capitale guinéenne. Dans l’exercice du métier, bon nombre de peintres s’accordent à dire que ce métier comporte des difficultés relatives au gaz qui se dégage de la peinture et au travail faiblement rémunéré, a appris Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Maître Amadou Bah

Maître Amadou Bah est un peintre qui travaille à Koloma, dans la commune de Ratoma. Autrefois chauffeur, il a été convaincu par sa tante de changer de métier. Après environ 20 ans de travail dans ce métier, le peintre signale qu’il y a des problèmes liés à cette activité. « Je fais ce travail depuis presque 20 ans comme ça. Mais, je vous dirai que dans ce métier, si tu as la chance, tu peux gagner de l’argent même si les problèmes ne finissent pas. Tu peux travailler pour quelqu’un par exemple, tu finis le travail, l’intéressé te dit de revenir entre le 5 et le 7 du mois, alors que toi tu vis de ça, tu comptes sur ça pour ta famille. Puis, il y a les risques pour nous les peintres, puisque le gaz qui se dégage des produits que nous utilisons n’est pas bon pour nos yeux et nos poumons. Donc ça, ça nous inquiète », a-t-il fait savoir.

Maître Boubacar Barry

De son côté, maître Boubacar Barry est à la fois peintre et conseiller au sein de l’association des peintres à Cosa, dans la commune de Ratoma. Il dit avoir « commencé à peindre en 1984. Mais avant, j’étais maçon. C’est un peintre avec qui je partageais le même chantier qui m’a mis dans ce métier. Le travail là, avant je pouvais avoir des contrats de quatre à six millions de francs guinéens. Mais aujourd’hui, même deux millions je gagne très difficilement ».

Par ailleurs, maître Boubacar Barry dit avoir profité de son métier. « Au moment où ça marchait, j’ai acheté des taxis-motos grâce auxquelles j’arrive à avoir ma dépense aujourd’hui. Maintenant là, le travail ne marche pas dans le pays. Vous m’avez trouvé à la cafétéria. Il y a un mois comme ça je n’ai pas eu de contact. Mais, on a une association ici, on s’entraide, c’est moi qui suis le conseiller. S’il y a des problèmes dans les chantiers que certains d’entre nous gèrent, on règle pour ne pas que le contrat se perde », a expliqué le doyen des peintres.

maître Mamadou Baïlo Diallo

Dans le même quartier, maître Mamadou Baïlo Diallo a expliqué à notre reporter détenir tout ce qu’il lui faut comme instruments de travail. « J’ai tous les outils qu’il faut pour la peinture, tels que les pinceaux, la corde, le casque, les masques, les marteaux, les grattoirs,… Pour le travail, je suis toujours prêt à bien faire. Pour bien faire la peinture il faut avoir tous les moyens qu’il faut, si non tu feras un travail qui ne dure pas ».

Toutefois, ce jeune peintre déplore l’attitude certains citoyens dans l’exercice de son métier. « Nous souffrons dans ce travail. Il y a beaucoup de clients qui donnent leur travail à des peintres, même si ces derniers ne sont pas compétents. Si tu travailles avec certains aussi, tu t’en sors difficilement. Ils ne vont pas te payer », s’est lamenté Mamadou Baïlo Diallo.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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