Mamadou Cellou Diallo

Tout a commencé en 2004, lorsque Mamadou Cellou Diallo, aujourd’hui âgé de 38 ans, a été encouragé par son frère à créer le métier de Taxi-moto à Labé. Ce dernier s’était inspiré de la ville de N’Zérékoré où il résidait. Mais, selon Mamadou Cellou Diallo, ça n’a pas été facile de faire comprendre à la population de Labé l’objectif de sa démarche, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses correspondants dans la région.

Au moment des faits, Mamadou Cellou venait d’échouer au concours d’accès à l’université. C’est ainsi que lui et son frère, Boubacar kissi Diallo, ont pris le projet à deux mains malgré toutes les difficultés. « Quand j’ai échoué au concours pour l’accès aux institutions d’enseignement supérieur je ne pouvais qu’accepter l’offre de mon frère. J’ai pris le numéro 1, il a pris le numéro 2 et on a commencé le boulot. En ce temps, c’est avec les motos de marque FDMCO et SIMSON qu’on faisait le taxi. Au début, on roulait presque toute la journée sans avoir de passagers. Et parfois, si on parvenait à prendre un passager, arrivé à destination, la personne descendait et prenait la fuite sans nous payer. Dans le quartier, c’est nos amis même qui nous haïssaient et nous décourageaient, en disant que ce que nous faisions n’était pas un métier. On nous a même surnommés en ce temps NIAGASSI MAN (perturbateurs, ndlr). On a vécu tous ces moments, mais on n’a pas lâché prise », explique-t-il.

Mamadou Cellou Diallo

Par ailleurs, Mamadou Cellou Diallo regrette le fait que certains de ses premiers compagnons dans ce métier ne vivent plus. « Eux, ils n’ont pas pu résister aux multiples difficultés et dangers que court un conducteur de taxi-moto, surtout à cette époque. Deux de mes meilleurs amis ont été abattus par des présumés bandits. Il s’agit de celui qui avait le numéro 8 et celui qui avait le numéro 16. Leurs motos ont été aussi emportées et malheureusement, jusqu’à présent, les auteurs de ces crimes n’ont pas été connus », regrette le jeune Cellou.

Toute fois, ce jeune initiateur de Taxi-moto a Labé se félicite aujourd’hui de l’évolution de ce secteur qui emploi plusieurs jeunes, générateur de revenus pour plusieurs diplômés sans emplois. Selon lui, c’est à travers ce métier de Taxi-moto qu’il s’est marié, il a eu deux enfants et arrive à subvenir à ses besoins et assurer la dépense de sa famille.

En plus de sa moto de travail personnelle à lui, il a acheté deux motos que des taxi-motards utilisent et lui rendent chaque jour la recette.

En outre, Mamadou Cellou Diallo est membre du syndicat des taxi-motos de Labé.

Il faut toutefois noter que selon les statistiques fournies par les syndicats des taxi-moto de Labé, de 2011 à 2018, il y a eu 8 368 inscrits. Un secteur qui rend un grand service à la population.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin