Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com, le président du Conseil d’Administration de la SOGEAC (Société de Gestion de l’Aéroport de Conakry) a été révoqué hier, jeudi 19 avril 2018, pour « faute lourde ». Cet acte du président de la République intervient au moment où devait se tenir à Paris le Conseil d’Administration de la SOGEAC.

Interrogé ce vendredi par un de nos reporters, Boubacar Sow pense qu’il n’y a pas « d’ambiguïtés en ce qui concerne ce sujet. Je considère que je n’ai même pas commis d’erreur, à plus forte raison ce qu’on qualifierait de faute ».

Selon monsieur Sow, la SOEGAC est une entreprise mixte, dont 49% des parts se trouvent être détenus par l’Agence Française de Développement, l’aéroport de Paris et la chambre de commerce de Bordeaux. « Ils ont demandé que dans l’ordre du jour du Conseil d’Administration que nous devrions tenir aujourd’hui vendredi, figure un point relatif à l’audit de certaines dépenses des exercices allant du 1er janvier 2016 au 31 octobre 2017. Je leur ai dit donné mon accord », a-t-il expliqué.

C’est cette position qui lui a valu des ennuis, estime Boubacar Sow. « Maintenant, le président de la République et le ministre des transports n’en voulaient pas. Ils disaient que les français sont très astucieux et que si l’on acceptait cela, ils vont démettre l’autre (Kabassan Oulaba Kéita, DG de la SOGEAC, ndlr). Parce que, le président avait demandé de surseoir à cela. J’ai dit d’accord, mais que c’était pour nous édifier davantage. Mais pour moi, c’est une question paritaire, quelqu’un qui détient 49% des actions, je ne peux pas lui refuser la parole. S’ils demandent de faire figurer un point sur l’ordre du jour, je ne peux pas le leur refuser », a laissé entendre monsieur Sow.

Revenant sur l’objet de ce litige et qui lui a coûté son poste de président du Conseil d’Administration de la SOGEAC, Boubacar Sow a fait savoir que le ministre des Transports, Oyé Guilavogui est bien informé de l’existence des audits qui incriminent Kabassan Oulaba Kéita, DG de la SOGEAC. « Le ministre est informé du début à la fin, il y a toutes les correspondances. Donc, je pense que le président de la République a mieux à faire que de s’occuper d’une société mixte. Maintenant que le voleur est connu, il devait prendre les dispositions. Parce qu’il n’y a pas d’équivoque, c’est clair. Il (Kabassan Oulaba Kéita, ndlr) est accablé par les audits pour près de 4 milliards de francs guinéens avec l’utilisation de la carte de crédit du 1er janvier 2016 au 31 octobre 2017. Il a pompé pour plus de 50 mille euros non justifiés », accuse-t-il.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

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