La décrispation du climat politique guinéen née de la dernière rencontre entre le président de la République, Alpha Condé, et le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, n’aura été que de courte durée. Deux semaines après la reprise des travaux du comité de suivi du dialogue politique inter guinéen qui doit en principe trouver solution à la crise post-électorale qui a secoué notre pays au cours des dernières semaines, l’heure est plutôt à la déception dans les rangs de l’opposition.

Cette déception justement, Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, l’a exprimée ce samedi, 21 avril 2018, lors de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti. Le président de l’UFDG a déploré un manque de volonté de faire face aux revendications de l’opposition et a appelé ses partisans à se tenir prêts à reprendre les manifestations de rue, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

L’histoire est en train peut-être de donner raison aux plus pessimistes, ceux qui n’avaient pas cru aux engagements pris lors de la dernière rencontre entre le président Alpha Condé et son challengeur Cellou Dalein Diallo. Cette rencontre avait pourtant permis de décrisper la situation politique du pays qui était alors très tendue, et la reprise des travaux du comité de suivi du dialogue politique inter guinéen, censé trouver solution aux problèmes posés par l’opposition républicaine qui exige la restitution des voix qui lui auraient été volées lors des élections locales du 04 février dernier.

Mais, cet espoir est visiblement en train de voler en éclat comme c’est le cas d’ailleurs le plus souvent en Guinée. Aujourd’hui, tout porte à croire qu’on se dirige vers un retour à la case départ. C’est en tout cas le sentiment exprimé par Cellou Dalein Diallo devant ses militants, à l’occasion de l’assemblée générale de l’UFDG ce samedi.

« Nous avons constaté qu’il n’y a pas de volonté réelle au niveau du comité de suivi pour trouver des solutions aux problèmes concrets posés par l’UFDG. Il faut réparer les préjudices causés par les CACV qui ont décidé d’ignorer les PV issus des urnes pour favoriser le parti présidentiel. Est-ce qu’un magistrat a le droit de changer les résultats issus des urnes en disant que c’est la loi ? Nous ne l’acceptons pas. Comme il y a des preuves, il y a eu des PV dûment signés par des personnes qui ne sont pas désignées par l’UFDG ni par un autre parti, c’est ça la vérité des urnes, nous voulons que la vérité des urnes soit respectée. Et que le choix des citoyens prévale sur toute autre considération juridique ou politique », a déclaré l’opposant.

Et c’est pourquoi, le chef de l’opposition a invité ses partisans à se préparer à reprendre les manifestations de rue pour exiger la vérité des urnes : « Si durant la semaine qui va commencer, il n’y a aucun progrès, soyez prêts et mobilisés pour reprendre la rue parce que c’est un droit constitutionnel. Si les autres recours n’ont pas prospéré, notre constitution nous donne un autre recours, c’est la rue. Nous avons recouru à la rue, ils ont dit abandonnez la rue, venez à la table de négociation, je ne veux pas que nos militants considèrent que c’est une faiblesse.

Nous voulons être rétablis dans nos droits, nous préférons que ça soit autour de la table de négociation, mais si ce n’est pas le cas, nous exerçons notre droit de manifester sur les voies et places publiques, il faut que ça soit entendu. Nous nous prêtons à la négociation dans la mesure où nous pensons que nos revendications vont être examinées pour que des solutions négociées soient trouvées. Mais si on veut ignorer nos revendications et essayer de nous tourner en rond pour gagner du temps, et ne pas ensuite trouver une solution, nous exercerons notre droit constitutionnel, celui de manifester dans les rues », a dit Cellou Dalein Diallo.

De quoi faire craindre de nouvelles agitations pendant les prochaines semaines à Conakry, avec toutes les conséquences que cela pourrait entraîner.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

 

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