La Jeune Chambre Internationale de Guinée Conakry Trésor a organisé ce vendredi, 20 avril 2018, une journée de sensibilisation et de dépistage gratuit du cancer du sein et du col de l’utérus. Les organisateurs ont mis face à face des spécialistes et de nombreuses étudiantes de Conakry, pour débattre autour de la lutte contre ces deux cancers, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Le cancer du sein tout comme celui du col de l’utérus sont deux maladies extrêmement graves qui font de nombreuses victimes parmi les femmes, mais qui sont encore très peu connues par le grand public en Guinée. C’est pourquoi, la Jeune Chambre Internationale de Guinée Conakry Trésor a organisé cette journée de sensibilisation et de dépistage de ces maladies.

Hafiziou Bah

Selon Hafiziou Bah, le président de la structure, ces activités s’inscrivent dans le cadre d’un vaste projet dénommé « Femme sans cancer » : « Ce projet vise à sensibiliser, faire connaitre aux filles, aux femmes âgées et moins âgées, les méfaits du cancer du sein et du col de l’utérus, vu que ce sont des maladies très dangereuses et que ce sont ces femmes qui s’occupent des familles à la maison », a expliqué Hafiziou Bah.

Dr. Habib Touré

Dans son exposé, le conférencier, Docteur Habib Touré, médecin à l’hôpital Jean Paul II, a expliqué que le cancer du sein est une tumeur maligne qui se développe aux dépens des cellules du sein, alors que le cancer du col de l’utérus représente une prolifération tumorale maligne qui se développe au sein du col de l’utérus. Selon lui, les causes sont très diversifiées.

« Lorsque vous prenez par exemple le cancer du col de l’utérus, on parle de beaucoup plus de facteurs de risque. Et à la base des facteurs de risque, il y a les rapports sexuels précoces, la multiplicité des partenaires sexuels, il y a aussi un virus qui est incriminé à la base du cancer du col de l’utérus qu’on appelle le papillon à virus, et qui est présent dans 60 à 70 % des cas de cancer du col de l’utérus. Il existe d’autres prédispositions qui ne sont pas très bien cernées », a-t-il indiqué.

Quant au cancer du sein, le médecin souligne qu’ « il a à sa base, une absence d’allaitement, la ménopause tardive, mais toujours est-il qu’il y a une prédisposition génétique, autrement dit, c’est un cancer familial. Une femme par exemple dont la maman est décédée d’un cancer du sein, peut naturellement développer ce cancer ».

S’agissant du traitement de ces maladies, le conférencier a laissé entendre qu’il est possible de les traiter de manière efficiente, mais à condition que le diagnostic soit fait à temps. Si elles sont découvertes tardivement, il prévient qu’  aucune ressource thérapeutique n’est possible. C’est-à-dire qu’il ne sera pas possible de les guérir.

C’est pourquoi d’ailleurs, Dr Habib Touré privilégie la prévention à travers le dépistage volontaire : « Mieux vaut prévenir que guérir. Il faut encourager le programme de dépistage massif de ces deux cancers. Actuellement, il existe un programme de dépistage du cancer du col de l’utérus où toutes les femmes âgées de 35 à 45 ans passent, on fait le dépistage, les lésions précancéreuses sont dépistées et traitées », a dit le médecin.

Docteur Habib Touré a mis l’occasion à profit pour demander au gouvernement guinéen de multiplier les efforts pour la lutte contre les deux cancers, en prenant en charge le traitement comme c’est le cas du VIH SIDA et de l’Ebola. Parce que selon lui, c’est la couche la plus active qui en est victime, et en particulier les démunis.

A noter que selon les statistiques fournies par les structures de prise en charge du cancer, plus de 6 mille nouveaux cas de cancer sont découverts chaque année en Guinée, et plus de 5 mille décès sont enregistrés.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

 

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