Le délai fixé aux riverains de la décharge publique de Dar es-salam pour quitter les lieux expire ce mercredi, 02 mai 2018. A partir de demain jeudi, ces citoyens risquent d’être amenés à quitter leurs maisons de force. Un reporter de Guineematin.com s’est rendu dans la zone ce mercredi pour voir la situation qui prévaut sur place et échanger avec les riverains autour de ce déguerpissement en vue.

Ce mercredi, 02 mai 2018, c’est peut-être le dernier jour que ceux qui habitent aux pieds de la décharge publique de Dar es-salam passeront dans leurs maisons, à moins que le gouvernement ne change d’avis. Car, c’est aujourd’hui qu’expire le délai qui leur a été donné par les autorités du pays pour libérer la zone. Mais, sur place, aucune action n’est entreprise dans ce sens. Les citoyens concernés disent qu’ils ne vont pas quitter les lieux sans être indemnisés.

« Si le gouvernement décide de nous faire quitter nos locaux qu’on a légalement achetés avant même que ces ordures ne soient déposées ici, qu’il nous amène les lettres d’information et les dédommagements. Comme ça, il sera facile de quitter. Puisque nous n’avons rien ici, même le transport pour quitter », a déclaré au micro de Guineematin.com, Mamadou Saliou Diallo, l’un des citoyens concernés par ce déguerpissement.

Selon Fatoumata Sow également concernée par ce déguerpissement en vue, les riverains de la décharge ne sont nullement opposés à la décision du gouvernement de les déloger. Tout ce qu’ils demandent, ajoute-t-elle, c’est d’être indemnisés avant de quitter les lieux. « Ce n’est pas de notre volonté d’être dans une telle situation. En saison hivernale, c’est les eaux usées qui nous fatiguent. En saison sèche, c’est la fumée de toutes sortes d’ordures brûlées qui nous empêche de respirer ici.

Nous n’avons pas les moyens pour quitter. Il est très difficile, voire impossible de fuir de chez soi ; sinon, lorsque les gens sont morts quand l’éboulement s’est produit ici, on allait quitter le même jour, mais on n’a pas pu. Donc si aujourd’hui encore il faut nous chasser d’ici comme des poules, on se demande quoi faire et où aller avec quoi. On n’est pas contre la décision du gouvernement mais nous voulons être dédommagés d’abord, sinon c’est insupportable avec nos familles », soutient la dame.

Cette situation préoccupe aussi le chef de quartier Dar es-salam 2, Charles Damba. Il dit avoir mené beaucoup de démarches au cours des dernières semaines en vue de permettre le dédommagement de ces citoyens avant leur déguerpissement : « C’est le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire, Dr Ibrahima Kourouma, qui a pris la décision, nous sommes derrière lui. C’est lui qui nous a invités et nous a dit d’informer la population de quitter. Mais, moi je lui ai demandé de nous aider à ce que les gens soient dédommagés, il a dit dans un premier temps qu’il ne peut pas les dédommager. Mais, les bonnes volontés nous ont aidés jusqu’à ce qu’on ait rencontré les institutions républicaines: le président de l’Assemblée nationale, la présidente du conseil économique et social et le médiateur de la République. Nous avons été les rencontrer et leur avons expliqués nos difficultés, ils ont compris.

 Et, on nous accuse de quelque chose à tort, en disant que tout le monde avait été indemnisé et qu’on refuse de quitter. On ne peut pas transgresser les lois du pays. Si le gouvernement dit quelque chose, nous l’acceptons, nous sommes des croyants. Mais qu’est-ce qui se passe ? En 1997, la Banque mondiale était venue indemniser un certain nombre de personnes, elle est partie. Ils ont mis la limite entre le quartier et la décharge. C’était pour l’exploiter au bout de 10 ans, mais ils ont exploité pendant 20 ans. S’il y a eu éboulement c’est à cause de ce retard-là. S’ils étaient partis très tôt, il n’y aurait pas eu de problèmes. La partie ne serait pas polluée, mais ils ont forcé la situation », a dit le chef de quartier.

Pour l’heure, les riverains de la décharge de Dar es-salam retiennent leur souffle et attendent le sort qui leur sera réservé par les autorités du pays.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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