Pour célébrer le cinquième anniversaire de leur engagement à la fonction publique, les 518 jeunes directeurs administratifs et financiers (DAF), travaillant auprès des ministères et institutions nationales du pays, ont animé ce samedi, 5 mai 2018, une conférence-débat dans un réceptif hôtelier de Conakry. Placée sous la présidence du chef de l’Etat, Alpha Condé, cette conférence-débat a connu la participation de plusieurs membres du gouvernement, des acteurs de la société civile et de députés, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Impact de la corruption sur le développement en Guinée », c’est le thème de cette conférence-débat, organisée par les jeunes directeurs administratifs et financiers réunis au sein de l’association dénommée « Jeunes Acteurs pour le Changement » (JAC).

A cette occasion, Mohamed Lamine Traoré, président de l’association des  Jeunes Acteurs pour le Changement (JAC), est revenu sur les réformes initiées par le chef de l’Etat depuis son arrivée au pouvoir, et qui ont permis d’améliorer les finances publiques. Il s’agit de : « la loi organique relative aux lois de finances et des textes d’application ; la loi sur la gouvernance des sociétés et établissements publics de l’Etat et la loi anticorruption ; la création de la cellule nationale de traitement des informations financières ;

La mise en place de l’initiative pour la transparence des industries extractives ; la mise en place du secrétariat de la lutte contre la drogue et le crime organisé. Au plan opérationnel, l’amélioration de la gestion des risques budgétaires liés aux établissements publics de l’Etat ; l’opérationnalisation du compte unique du trésor (…). L’application de ces reformes a permis à la Guinée d’améliorer son classement dans le Doing business de la Banque Mondiale avec 26 places gagnées entre 2012 et 2018 », a rappelé Mohamed Lamine Traoré.

Présent à la rencontre, le président de la République a salué l’initiative de la JAC, et remercié les organisateurs d’avoir choisi un thème d’actualité sur le continent africain. Pour le Professeur Alpha Condé, la lutte contre la corruption est un problème très complexe et compliqué en Afrique: « D’abord la première chose, ce sont les pyromanes qui se font pompiers, c’est-à-dire, ceux qui ont le plus volé, qui sont les plus mauvais gestionnaires qui parlent d’impunité, qui parlent de corruption ; ça c’est le premier point. Le deuxième, c’est la complicité très souvent entre les différentes structures, particulièrement à la fonction publique : le ministère des finances, le ministère du budget.

Donc, pour lutter contre la corruption en Afrique, ce n’est pas simple. Souvent on vous dit qu’il y a la corruption partout, en Europe il y a la corruption. La différence, la corruption dans les grands pays, est conjoncturelle, c’est-à-dire, un ministre de ces pays, ne signe pas un contrat qui est totalement contre les intérêts de son pays, même s’il a une commission. Mais qu’est-ce qui se passe en Afrique ? C’est que la corruption est structurelle, c’est-à-dire, le ministre qui signe un contrat, qu’est-ce qu’il fait ? Vous, vous proposez pour la route 10 milliards, l’autre propose 20 milliards.

Celui qui lui propose de faire la route à 10 milliards va lui dire moi je te donne 100 millions ; celui qui veut faire la route à 20 milliards va lui dire moi je te donne 500 millions. Il va signer avec celui qui lui a proposé 20 milliards parce que pour gagner 500 millions, il est prêt à donner à celui-ci. Voilà pourquoi j’ai toujours dit que la corruption en Afrique est difficile à combattre, parce que celui qui signe est prêt à faire perdre des milliards à son pays, uniquement pour gagner 100 millions ou 200 millions de plus », a-t-il fustigé.

Pour le cas particulier de la Guinée, Alpha Condé souligne qu’en plus de ce mal qu’il a dénoncé, s’ajoute un manque de ressources humaines de qualité : « Le grand problème que nous avons en Guinée, c’est la faiblesse des ressources humaines. La première République a formé de très bons cadres, mais beaucoup sont partis. La deuxième République a formé très peu de cadres, et sans compter que ces cadres sont aujourd’hui dépassés dans le monde des nouvelles technologies. Si vous prenez 100 fonctionnaires en Guinée, combien aujourd’hui savent aller sur l’ordinateur ? On peut les compter sous les doigts.

Comment voulez-vous informatiser l’administration publique, quand ceux qui sont là ne savent pas manier l’ordinateur, les outils informatiques ? En allant encore beaucoup plus loin, sur 10 fonctionnaires guinéens, combien parlent l’anglais ? Voilà un certain nombre d’handicaps que nous avons en Guinée ; en ajoutant aussi la sédentarisation », a déploré le chef de l’Etat guinéen.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tel. : (00224) 621 09 08 18

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