L’évolution des moyens de communication est aujourd’hui dans une dynamique irréversible. Celle du téléphone portable s’est faite à une telle vitesse qu’il a pénétré toutes les couches de la société et s’est imposé comme le moyen de communication le plus utilisé. Son usage pose problème dans les écoles où l’unanimité se dégage quant à ses effets nocifs, rapporte Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

La présence du téléphone portable en milieu scolaire a littéralement contribué à changer le comportement des élèves, à accentuer les actes d’indiscipline et à créer un dysfonctionnement dans les relations famille-école. Bien que l’usage du téléphone portable soit interdit par le règlement intérieur des écoles, la quasi-totalité des élèves de Kankan sont utilisateurs de cet outil de communication très prisé. Son utilisation se fait de façon abusive : perturbation des cours et autres mauvais usages.

Mr Ibrahima Kalil Condé, alias IKC, professeur de Géographie au lycée 3 Avril de Kankan, dénonce cet état de fait. « Le port de téléphone par les élèves dans les salles de classe, dans la cour de l’école, pendant les heures de cours, est devenu un phénomène nuisible. Quand les élèves se retrouvent en classe, pendant que le professeur est au tableau, leur préoccupation est de manipuler le téléphone pour voir des images, ou d’ailleurs pour photographier les résumés qu’on laisse au tableau. Ils n’ont pas peur d’utiliser les téléphones quand le professeur est en classe », dit-il.

Pour Ibrahima Kalil Condé, le téléphone a diminué la capacité de rétention des jeunes élèves alors que les enseignants ont tous les problèmes du monde à faire face à son utilisation pendant les heures de cours. « L’utilisation du téléphone a diminué le quotient intellectuel et la capacité de rétention de l’élève guinéen. Pourtant, le règlement intérieur l’interdit dans le code de conduite. A l’école, le téléphone ressemble à une arme blanche. Mais, le problème c’est que les professeurs ne peuvent pas contraindre les élèves de limiter le port des téléphones, parce que si le professeur se fatigue pour ça, il va perdre le temps sans pouvoir enseigner. Donc, c’est pour cela que ça passe inaperçu, sauf quand les téléphones sonnent. C’est en ce moment que le professeur intervient. Mais, certains professeurs ont la volonté de lutter contre l’utilisation des téléphones en milieu scolaire », a-t-il souligné.

Interrogée sur la question, Bintou Kourouma, la présidente du comité de coordination des élèves du lycée 3 Avril, pense que « certains élèves utilisent les téléphones pendant les heures de cours, c’est pour faire des recherches sur le titre du cours pour mieux comprendre les explications ».

Cependant, Bintou Kourouma signale que tout élève qui est pris la main dans le sac est sanctionné. « Au lycée 3 avril ici, tout élève qui est pris en train de manipuler un téléphone pendant les heures de cour est puni et le téléphone est confisqué pour être remis au surveillant ».

Cet avis est partagé par Sory Gbaranama Keïta, surveillant général du lycée 3 Avril de Kankan. Selon lui, des sanctions sont prévues pour les contrevenants. « Tous les élèves savent que le téléphone est formellement interdit dans le milieu scolaire. Alors, une fois que le professeur prend le téléphone avec un élève, il vient déposer à mon niveau. L’élève en question vient s’enregistrer avec toutes les coordonnées, on lui accorde deux jours, il va nettoyer la cour. Après, on lui remet le téléphone. S’il est pris pour la deuxième fois, le téléphone sera confisqué pour toute l’année », a dit le surveillant.

En outre, Sory Gbaranama Keïta accuse les parents d’élèves d’être en partie responsables de cette situation. « Les enfants n’ont pas les moyens d’acheter des téléphones de 800 mille à 1 million de FG. C’est les parents qui leur donnent ça en les encourageant. A mon avis, l’erreur là incombe aux parents d’élèves. Donc, nous ne ferons que ce que nous pouvons ».

Devant ces accusations, le parent d’élève Abou Condé évoque les raisons qui l’ont poussé à donner un téléphone à son enfant même s’il reconnait ses méfaits. « J’ai donné le téléphone à mon enfant, c’est pour qu’il puisse m’appeler en cas de besoin. Mais de nos jours, ce téléphone constitue un danger pour les jeunes filles parce qu’il contribue au développement de la fornication dan nos sociétés. C’est pourquoi le niveau d’apprentissage de nos enfants est devenu très faible aujourd’hui. Si tu veux vraiment donner le téléphone à ton enfant, il faudra que tu arrives à le contrôler. Et si tu ne peux pas le contrôler, n’accepte jamais de lui en donner un ».

De, Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.om

Tel. : (00224) 620 95 40 47

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