Kankan : 7 usines de productions d’eau minérale fermées, plus de 15 interpellations

Des agents des services de sécurité, avec à la baguette le préfet Aziz Diop, ont sillonné six (6) quartiers de la commune urbaine de Kankan ce vendredi 1er juin 2018. La démarche visait pour fermer pas moins de sept (7) usines de production d’eau minérale. Les agents ont procédé à une quinzaine d’arrestations, a constaté sur place Guineematin.com, à travers son correspondant dans la région.

Selon le préfet de Kankan, Aziz Diop, il est reproché à ces usines d’exploiter illégalement de l’eau en branchant leur tuyau sur les forages de l’Etat pour revendre leurs produits aux citoyens. Pour monsieur Diop, les propriétaires de ces usines sont non-professionnelles et ne respectent aucune norme de potabilité et d’hygiène.

Les usines mises en cause sont : Eau Doura, dans le quartier (Sogbè) ; Eau Bassando (Météo) ; Eau Tinkisso (Balloni), Eau Rahim (Sobgè Dépôt), Eau Digbè (Dar Es Salam), Eau Cisséla (Missira), Eau Populaire (Missira), Eau Famillia (Dar Es Salam).

Ces usines de production d’eau ont vu leurs activités arrêtées par les autorités de Kankan. Les usines en question ont été fermées et quelques employés qui ont voulu s’opposer aux forces de sécurité ont été également embarqués sur ordre du préfet.

Pour le préfet, ces usines de production d’eau, qui seraient de mèche avec certains chefs de quartier, sont responsables de la rareté d’eau à Kankan « Elles sont en train de voler l’eau de la population et après lui revendre la même eau. Nous avons compris qu’il y’a des faux chefs de quartiers aussi qui ne cherchent que 2 millions de francs guinéens pour toute une production de plus de 1 000 et quelques mètres cube d’eau. Les populations n’ont plus accès aux eaux des forages, c’est les usines là qui en profitent en complicité avec des faux chefs de quartier. C’est très grave pour Kankan », a déploré Aziz Diop.

En outre, le préfet de Kankan a laissé entendre que les responsables de quartiers qui ont mouillé dans cette affaire seront administrativement sanctionnés alors que les usines paieront une forte amende.

Arafan Traoré, un des mis en cause, fait son mea-culpa. Pour ce chef du quartier Dar-Es-Salam « ce que je peux dire au préfet, nous, on s’est vu au milieu de ce problème. Mais, il ne peut accuser personne à part nous les chefs de quartier. Nous avons notre part de responsabilité parce que nous l’avons négligé. Moi, je fais ce que le préfet me demande, je n’ai pas besoin de prendre un franc avec quelqu’un, il n’a qu’à faire ses enquêtes ».

Sur le terrain quelques propriétaires d’usine n’ont pas apprécié la manière de fermer leur usine. C’est le cas de ce citoyen qui a requis l’anonymat : « j’ai été choqué personnellement quand j’ai vu le préfet lui-même devant une troupe de policiers, venir ramasser les enfants qui n’ont ni volé, ni brigandé, juste pour une question de débranchement sur le forage public. Qu’est-ce que cela veut dire ? Ces enfants n’ont pas de droit ? Ce n’est pas le travail d’un préfet mais plutôt le maire. Chez moi ici, quatre de mes employés ont été embarqués ».

Ce programme de fermeture des usines de production d’eau s’étendra dans les prochains dans la commune urbaine mais aussi dans les villages environnants, a-t-o, appris.

Il fait signaler qu’à Kankan, on ne dénombre pas moins de 40 usines de production d’eau rien que dans la commune urbaine.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

Tél. : (224) 620 95 40 47

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