Mois de l’enfant : Hadja Idrissa Bah réclame des actions concrètes et des initiatives réalistes

La Guinée vient d’entrer dans le mois de juin, dédié à l’enfant guinéen. Durant ce mois, plusieurs activités visant un meilleur épanouissement des enfants de Guinée seront mises en œuvre à travers le pays. Mais que veulent exactement les principaux concernés ? Guineematin.com a posé la question à Hadja Idrissa Bah, la présidente du parlement des enfants de Guinée.

Cette année, le mois de l’enfant guinéen est à sa 26ème édition. Pendant ce mois, le ministère de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance va mener plusieurs actions dédiées aux enfants sur le terrain. A cette occasion justement, Hadja Idrissa Bah, président du parlement des enfants de Guinée, fait le point de la situation de cette couche vulnérable dans notre pays.

« La situation des enfants est très critique en Guinée, parce que tous les jours on entend parler d’abus sexuels, de violences basées sur le genre et de cas de viols sur mineure. Lorsqu’on circule dans les rues de Conakry en quittant par exemple la banlieue pour Kaloum, tout le monde est témoin de la situation des enfants. Parce qu’on voit des enfants exploités dans les rues comme source de revenu, ils sont en train de mendier, des enfants albinos qui sont en train de revendre avec des plateaux sur leurs têtes, alors que leur place ce n’est pas dans la rue mais à l’école », dénonce-t-elle.

Dans ce même cadre, Hadja Idrissa Bah fustige le mariage des enfants en Guinée. Et cela, malgré l’existence de lois interdisant le mariage précoce : « Aujourd’hui, nous avons la convention relative aux droits de l’enfant qui interdit le mariage des enfants en Guinée. Mais par contre, on voit cela tous les jours ; qu’est-ce qu’on dit par rapport à cela ? On ne fait rien par rapport à cela. Est-ce que la loi est appliquée ? Non, elle n’est pas appliquée. On voit cela dans nos quartiers, et on revient faire des discours pour dire qu’il faut qu’on arrête le mariage des enfants, pourtant on ne part pas au concret », s’insurge la jeune fille.

Pour la présidente du parlement des enfants de Guinée, le mois de l’enfant doit donc être consacré à des activités concrètes, allant dans le sens de la lutte contre ces problèmes : « Je souhaite que le mois de l’enfant soit vraiment un mois concret maintenant en Guinée, que ça soit un mois où les initiatives seront réalistes, Il faut revoir la situation des enfants guinéens parce que pour parler de développement, il faut parler de l’éducation. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a des enfants qui n’ont pas la chance d’aller à l’école. Est-ce que les autorités ont pensé à construire plus d’écoles en Guinée ? Oui, c’est vrai, on construit mais c’est peu par rapport au nombre d’enfants qui sont en train de naître en Guinée.

Il faut profiter de ce mois pour vraiment construire des écoles, construire des hôpitaux, construire des centres de formation pour les enfants qui n’ont pas eu la chance d’être à l’école mais qui vont avoir un métier. Il faut empêcher l’immigration des enfants, parce qu’aujourd’hui ce sont ces enfants que vous rencontrez au Maroc », préconise Hadja Idrissa Bah.

Elle interpelle également les parents sur leurs responsabilités. « Que les parents aussi acceptent et comprennent que s’ils ont vraiment accepté de donner naissance à un enfant, c’est de leur obligation, c’est de leur responsabilité de prendre en charge cet enfant et d’assurer vraiment ses besoins, de demander ce qui ne va pas et de l’aider à réaliser ses rêves dans de bonnes conditions. J’espère que la majorité au moins des parents, va comprendre cela, et que les enfants aussi vont se réjouir pendant ce mois », a dit la parlementaire.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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