Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com, les travaux de la session ordinaire de l’Assemblée plénière de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH) a démarré ce mardi, 5 juin 2018, dans la salle du 28 septembre, au Palais du peuple et se poursuivre jusqu’au 24 de ce mois (du 05 au 24 juin).

Cette première journée a été consacrée à l’élection des deux (2) commissaires qui représenteront l’institution à la Cour constitutionnelle de notre pays, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Elhadj Mohamed Lamine Fofana

Dans son discours de circonstance, Elhadj Mohamed Lamine Fofana, ministre conseiller à la présidence de la République chargé des relations avec les institutions a que selon la loi, la présente assemblée plénière a pour mandat de délibérer sur toutes les questions relatives aux droits de l’Homme. « Ça fait trois ans que cette institution existe ; et, elle n’avait jamais organisé de séance plénière comme prévue par la loi. Le programme de vos activités : le règlement intérieur, et le règlement administratif de l’institution sur l’élection des membres du bureau exécutif et l’approbation du budget annuel de votre institution. Aussi, le projet d’agenda de la présente plénière est indicatif de votre volonté de coller à l’esprit et à la lettre du texte législatif qui vous régit. A cet égard, soyez rassurez que vous avez tout l’appui de monsieur le président de la République quant à l’accueil qu’il réservera à vos avis et recommandations portant sur une matière importante que sont les droits humains », a-t-il expliqué.

Louis-Marie Bouaka

De son coté, Louis-Marie Bouaka, représentant résidant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) a dit attendre de l’INIDH à l’œuvre parce que, dit-il, c’est une institution importante, citoyenne qui doit œuvrer à la promotion et à la protection des droits de l’homme. « Nous avons beaucoup attendu les rapports de cette institution, et aussi la satisfaction des populations qui se sont plaints auprès de l’institution pour leurs droits lésés. Et, nous pensons qu’avec l’appui de tous les partenaires (non seulement nationaux mais aussi les partenaires internationaux) que l’INIDH puisse remplir ses obligations constitutionnelles. Il y a beaucoup de défis à relever parce que l’institution est obligée de faire un rapport annuelle au Chef de l’Etat et au président de l’Assemblée nationale, de soumettre aussi des rapports alternatifs, périodiques. Vous savez que la Guinée s’est engagée dans un vent de processus de soumission des rapports organes décrétés, et la Guinée qui avait accusé un retard est en train de se rattraper. Donc, le rapport de l’INIDH dans ce sens est aussi attendu », a-t-il laissé entendre.

Pour sa part, le Dr. Alya Diaby, président de l’INIDH a dit que cette journée marque la renaissance de l’INIDH ; car, l’institution a fait trois ans et demi de tergiversation sans tenir une session. « Nous ouvrons notre session pour la tenir dans les règles de l’art, conformément à la loi. Sur 21 jours, sur un ordre de jour prédéterminé, qui comporte un certain nombre d’éléments, parmi lesquels l’élection de deux nouveaux représentants à la cour constitutionnelle, l’adoption du plan d’action pour le semestre restant, parmi lesquels l’adoption du rapport annuel 2017, premier du genre, le reste des questions qui mettent l’institution dans sa forme normale, le design du site web, l’adoption du design de la cocarde et plein d’autres résolutions qui vont être proposées et adoptées par la plénière pour un nouveau départ. C’est pour que la promotion et la protection des droits de l’Homme soit une réalité en Guinée », a-t-il expliqué.

Dr. Alya Diaby

En termes de respect des droits de l’Homme en Guinée, le président de l’INIDH estime que la Guinée fait face à des difficultés ces dernières années. Il a notamment cité l’enlèvement, suivi de la mort de l’opérateur économique Elhadj Abdourahamane Diallo dont le corps a été retrouvé dans une fosse à Maférenyah, dans la préfecture de Forécaria. Aussi, Dr. Alya Diaby a fustigé l’arrestation arbitraire du syndicaliste Aboubacar Sidiki Mara, dont il a demandé la liberté provisoire.

« Les droits de l’homme sont un peu le parent pauvre dans nos pays. Notre rôle est de faire en sorte d’améliorer l’image des droits de l’Homme dans notre pays. Notre travail est un travail de contribution, nous sommes un conseil, nous donnons des avis, nous interpellons, nous auditionnons, tout ça pour que l’image de la Guinée ne soit pas écornée ; mais, au pire des cas, nous sommes obligés de constater la réalité comme tout le monde ».

A noter que cette première journée a surtout été marquée par l’élection par acclamation des deux représentants de l’institution auprès de la cour constitutionnelle. Il s’agit de madame Fatoumata Goumou Morgane et de Dr. Assoumane Sacko. Ce dernier est d’ailleurs Docteur en droit public, président du conseil scientifique de l’association guinéenne de droit constitutionnel et professeur droit à l’Université de Sonfonia.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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