Un nouvel ultimatum vient d’être donné aux occupants de la décharge de Dar-Es-Salam, dans la commune de Ratoma. Selon un communiqué lu sur les antennes des médias d’Etat, il est demandé aux riverains de ladite décharge de quitter les lieux avant le 22 juin prochain. Mais, ce déguerpissement en vu est mal perçu par les intéressés qui affirment en être des occupants légaux et demandent une indemnisation avant tout départ, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans l’après midi de ce jeudi, 7 juin 2018, un de nos reporters a rencontré Antoine Lamah, juriste de profession, un des occupants des abords de la décharge. Selon lui, les riverains de la montagne d’ordures envisagent la création d’une structure associative de riverains pour trouver solution au problème. Il estime que ceux qui sont concernés par ce déguerpissement sont victimes d’injustice. « Nous cherchons des soutiens auprès des gens qui peuvent nous défendre dans ce dossier. C’est que, quelque part, nous avons constaté qu’il y a de l’injustice. Quelque part, l’Etat nous prend comme des laissés pour compte. Parce qu’en 1997, il y a eu un premier déguerpissement ici. Ce premier déguerpissement n’a concerné que 107 bâtiments. Ces 107 bâtiments là ont été démolis et les habitants indemnisés complètement. Tous les investissements qu’ils avaient sur le terrain avaient été pris en compte. Et ces gens là ont quitté. Personne des occupants de ces bâtiments ne se trouve sur le site là aujourd’hui », rappelle-t-il.

Antoine Lama

Par ailleurs, Antoine Lamah précise qu’à l’époque où on démolissait ces bâtiments, les autorités avaient mis une ceinture de séparation entre le dépotoir et les habitations qui ne sont pas concernées par le déguerpissement. « C’est-à-dire que, nous qui sommes hors de la ceinture, nous ne sommes pas concernés. Ils avaient dit qu’ils allaient continuer à déverser les ordures jusqu’en 2007. De 1997 à 2007 si l’Etat avait agi conformément à ce qu’il avait dit, normalement, ce dépotoir devait être fermé. Mais aujourd’hui, ils ont outrepassé. De 1997 à 2018, cela fait presque 21 ans, jusqu’à présent on continue ».

Que faire devant l’imminence du déguerpissement ?

Pour monsieur Lamah, « nous avons envisagé de nous organiser, pour que nous ayons des soutiens et mettre en place une organisation qui peut être le répondant des institutions que nous allons contacter pour nous aider dans ce dossier. Alors, il faut qu’on soit en association et que le bureau de cette association joue valablement son rôle. C’est pour cette raison que nous nous sommes associés ».

Sont-ils prêts à quitter les lieux avant le jour j ?

Selon Antoine Lamah, « l’Etat est plus fort, l’Etat peut déguerpir les gens pour des causes d’utilité publique. Mais il y a des mesures, il y a des procédures. Donc, jusqu’à présent, on n’a pas vu l’Etat engager ces mesures, et nous, là où nous sommes, nous sommes pauvres. On n’a pas où aller. Bon nombre de concessions qui sont là, les concessionnaires sont décédés. Soit c’est leurs enfants qui les représentent, ou c’est les veuves. Et, le chômage bât son plein. Dans les foyers, tu peux voir que c’est une seule personne qui travaille, tout le monde est agrippé à la personne. Donc, si l’Etat veut nous faire sortir, peut-être qu’on va dormir à la belle étoile. Mais nous, on n’a pas où aller pour l’instant. On ne sait vraiment pas où aller. On n’a pas les moyens. Alors, si les mesures d’accompagnement ne sont pas là, on ne saura pas où aller. Peut-être qu’ils vont démolir les bâtiments sur nous », lance-t-il.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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