Alors que le nouveau délai fixé par le gouvernement guinéen aux riverains de la décharge publique de Dar es-Salam est arrivé à échéance, c’est toujours le statuquo sur le terrain. Le gouvernement a proposé un montant de 20 millions de francs guinéens à chaque famille qui doit être déguerpie, mais les citoyens jugent ce montant dérisoire et campent sur leur position, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est ce vendredi, 22 juin 2018, que le nouvel ultimatum fixé par le gouvernement aux citoyens qui vivent aux abords de la décharge publique de Dar es-Salam a expiré. Comme ceux qui l’ont précédé, cet autre délai est arrivé à échéance sans que les riverains de la montagne d’ordures ne quittent volontairement les lieux. Pour les convaincre donc à partir, le gouvernement a proposé d’octroyer un montant de 20 millions de francs à chaque famille qui sera déguerpie. Mais cette somme est jugée dérisoire par les citoyens concernés.

« Hier (jeudi, 21 juin 2018), on nous a dit de nous rendre aujourd’hui vendredi à la Mairie de Ratoma. Donc aujourd’hui, nous sommes allés là-bas, le Maire nous a dit que le gouvernement a proposé 20 millions GNF par famille pour quitter les lieux. Mais sur place nous n’avons pas pris cet argent. Est-ce que 20 millions peuvent suffire pour les charges que nous avons ? Est-ce que ça peut avoir une parcelle aujourd’hui ? Moi par exemple ici, j’ai un bâtiment de 8 chambres, 20 millions GNF peuvent-ils être proposés pour un bâtiment de 8 chambres ? Non ! Donc, si au minimum ils avaient proposé un montant plus important que ça, on l’aurait accepté et on allait partir avant même que le délai fixé n’expire », explique Mamadou Saliou Diallo, un père de famille concerné par ce déguerpissement.

Pour l’heure donc, ces citoyens décident de rester sur place jusqu’à ce que le gouvernement accepte de les indemniser conséquemment. Et Thierno Amadou Barry, un autre père de famille concerné par cette situation, estime que les autorités locales ne se sont pas suffisamment impliquées pour les aider : « On a fini par comprendre que c’est les autorités locales qui ne s’impliquent pas dans cette affaire, sinon, on ne peut pas ne proposer que 20 millions de ffrancs par famille. Ce montant ne nous achète nulle part une parcelle aujourd’hui à plus forte raison acheter une parcelle et y construire un bâtiment, mais c’est les autorités locales qui ne nous aident pas. Nous demandons à ce que le gouvernement touche la réalité et nous dédommage convenablement, parce que c’est les ordures qui nous ont trouvé ici et non le contraire », a dit ce citoyen.

A noter que 200 familles habitant aux abords de la décharge publique de Dar es-Salam sont concernées par ce déguerpissement en vue. Reste à savoir maintenant si le gouvernement réussira à les convaincre de partir librement ou s’il passera par la force pour les déguerpir de leurs habitations. En tout cas, le ministre de la justice, Maître Cheick Sacko vient d’interdire toute expulsion d’un citoyen de son habitation pendant la période allant du 30 juin au 30 octobre 2018. Cela, en raison de la saison des pluies en cours.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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