Nouhou Thiam

Le Général Nouhou Thiam et le commandant Sékou Resco Camara, anciens membres de la junte militaire qui a pris le pouvoir à la mort du président Conté en 2008, devraient comparaître ce lundi 25 juin 2018 devant le tribunal criminel de Dixinn. Mais, les deux accusés et leurs avocats ont tous brillé par leur absence, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Le Général Nouhou Thiam, ancien chef d’Etat major des armées, et le commandant Sékou Resco Camara, ancien gouverneur de Conakry, étaient attendus au tribunal de Dixinn. Ils sont poursuivis pour des faits de racisme, ethnocentrisme, régionalisme, crime et délit dans l’exercice de leur fonction. Des faits qui remontent à l’entre deux tours de la présidentielle de 2010 et qui sont prévus et punis par l’article 313 et suivants du Code pénal. Mais, aucun d’entre eux n’a répondu présent à l’appel du tribunal.

Devant l’absence des accusés et de leurs avocats, le tribunal a ordonné la comparution forcée de Sékou Resco Camara et Nouhou Thiam tout en renvoyant le procès au 23 juillet 2018.

Me Alpha Amadou DS Bah

A la sortie de la salle d’audience, les avocats de la partie civile ont exprimé leur sentiment par rapport à la aux multiples renvois liés à ce procès.

Selon maître Alpha Amadou DS Bah, « s’ils ne comparaissent pas volontairement, ils seront contraints par la loi de comparaitre à cette audience. Soit, ça sera par un mandat d’amener ou par la contrainte ».

Ensuite, l’avocat a rappelé que ce n’est pas la première fois « qu’ils sont défaillants à l’audience avec leurs avocats. De toutes les façons, comme la présence des accusés est indispensables pour la marche du procès, c’est la raison pour laquelle le tribunal a jugé utile aujourd’hui qu’à la prochaine audience qu’ils soient contraints de comparaitre ».

Sékou Resco Camara

Marcel Pradel

Dans la même lancée, l’avocat maître Martin Pradel a fait savoir que les victimes sont toujours venues aux procès. « Ce sont des guinéens respectueux de la loi qui ont tenu à être présents depuis le premier jour. Ils venaient ce matin pour être confrontés à ceux qui sont à leurs yeux responsables des exactions qu’ils ont subies. Nous attendions que ces personnes viennent pour répondre aux questions de la justice. Mais, ce que nous voyons, encore une fois, ils ne se présentent pas. C’est la raison pour laquelle nous trouvons juste que le tribunal aujourd’hui ait décidé que lors de leur prochaine comparution, ces hommes qui ne sont pas du tout au dessus de la loi, soient contraints de comparaître devant le tribunal par tous les moyens qu’offre la loi et la justice guinéenne pour contraindre un homme à comparaître devant la justice lorsque cela est nécessaire. Et, cela est nécessaire » a lancé maître Pradel.

Aliou Barry

L’une des victimes, en l’occurrence Aliou Barry de l’Observatoire National des Démocraties et des Droits de l’Homme, estime que ces accusés cherchent à gagner du temps. « Si je n’étais pas en Guinée, j’allais dire que cela est une surprise. Mais, comme nous sommes en Guinée, le mot justice n’existe pas pour le moment. Parce que je ne peux pas comprendre que des gens qui sont sous contrôle judiciaire, qui sont convoqués à une audience, ne se présentent pas. A mon avis, le tribunal avait tous les moyens de les contraindre. En tant que victime, personnellement j’ai la nette impression que les accusés cherchent à gagner du temps, car c’est la troisième fois qu’on reporte ce procès et le mois de juillet, c’est la veille des vacances judiciaire» a-t-il regretté.

Revenant sur les faits dont il dit avoir été victime, Aliou Barry a rappelé que c’est en 2010 qu’il a été personnellement violenté par la garde présidentielle du Général Sékouba Konaté. « C’est entre les deux tours, moi je dirigeais l’Institution National Indépendante des Droits de l’Homme, qui s’appelait l’Observatoire des Droits de l’Homme, je suis descendu au carrefour concasseur parce que la garde présidentielle était en train de faire des sévices sur des jeunes qui étaient dans la rue. Je suis descendu de mon véhicule qui était identifié Observatoire des Droits de l’Homme. J’ai été pris à partie par la garde présidentielle. J’ai eu une fracture. J’ai été évacué sur Paris où j’ai fais deux mois d’hospitalisation et 4 mois de rééducation. Je suis revenu en Guinée pour continuer à me battre contre l’impunité et les violences faites à la personne humaine ».

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 654 416 922/664 413 227

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin