Mohamed Barry, administrateur civil de son état, domicilié à Yimbaya, a été victime du vol d’importantes sommes d’argent de son coffre-fort. L’agent de sécurité, posté chez lui, est accusé de lui avoir soutiré les montants de 30 mille dollars et de 28 mille 850 euros en février 2016. Boubacar Diallo, après avoir effectué l’opération, s’est volatilisé dans la nature, laissant une partie du butin avec ses parents. Ces derniers ont été mis aux arrêts et leur procès s’est ouvert ce jeudi, 28 juin 2018 au tribunal de première instance de Mafanco, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Le présumé auteur du vol est en cavale depuis que les faits ont eu lieu, le 26 février 2016. C’est ainsi que les présumés receleurs, les parents de Boubacar Diallo ont été mis aux arrêts. Thierno Amadou Diallo (68 ans) et Oumou Bah (57 ans), domiciliés au quartier Wanindara, ont comparu ce jeudi au tribunal de Mafanco.

Appelé à la barre par la juge, madame Bamba Kallo, la victime est revenue sur les circonstances du vol. Selon Mohamed Barry, « le 26 février 2016, j’ai oublié mon trousseau de clés à la maison pour aller à mon bureau en ville. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai appelé Boubacar, qui est mon gardien, pour lui dire de garder les clés avec lui jusqu’à mon retour. Finalement, je me suis décidé de rentrer à la maison. Quand je suis arrivé, j’ai beau klaxonné, personne n’est venu ouvrir alors que c’est son travail de tous les jours. Je l’ai fait moi-même. Ensuite, je demande à la bonne où est passé Boubacar, elle me dit qu’à son retour du marché, il n’y avait personne dans la maison. Je suis rentré dans ma maison en trouvant la porte de ma chambre ouverte, tout comme celle du coffre-fort. Il n’y avait plus rien dedans. Pourtant, j’avais laissé là 30 mille dollars et 25 mille 850 euros ».

Devant cette découverte surprenante, Mohamed Barry a dit au tribunal avoir cherché à joindre le père de Boubacar. « C’est difficilement que je suis parvenu à avoir le père d Boubacar au téléphone. En guise de réponse, il m’a dit que je me suis trompé de numéro. Avec mes relations, je me suis rendu compte qu’il voulait s’enfuir lui aussi. Grâce à l’aide de la police, on est parvenu à l’intercepter vers la Cimenterie alors qu’il s’apprêtait à quitter Conakry », a dit l’administrateur civil.

Appelée à la barre, la mère de Boubacar va donner à son tour sa version des faits. Selon Oumou Bah, « Boubacar passe la nuit chez son parton (Mohamed Barry, ndlr). Il vient ici très rarement. Un jour, son parton est venu à notre domicile pour dire qu’il a été victime de vol en accusant Boubacar. Quelques jours après, ils ont arrêté mon mari pour le déposer à la gendarmerie. Les jours qui ont suivi, pendant que je rangeais la chambre des enfants, j’ai trouvé le sac de Boubacar dedans avec une importante somme d’argent. J’ai gardé l’argent et j’ai averti l’aîné de la famille qui réside à Kindia. Quand ce dernier est venu, nous sommes allés rendre l’argent qu’il y a avait dans le sac. C’est en ce moment que j’ai été arrêtée ».

Le substitut du procureur, Ousmane Koulibaly, va prendre à son tour la parole pour faire lecture du contenu d’une conversation entre Oumou Bah et son mari. « Je vous fais lecture d’un procès verbal que vous avez signé à l’enquête préliminaire où est écrit je cite’’ quand mon mari était au commissariat, il m’a appelé au téléphone en me disant de ramener une partie du montant. Mais, je lui ai répondu qu’en ramenant une partie, monsieur Barry va réclamer le reste’’. Reconnaissez-vous ces propos ? ».

Oumou Bah n’a pu dire un seul mot. « Qui ne dit mot consent », a répliqué le substitut, Ousmane Koulibaly.

Rappelé à la barre, la victime va exhiber des enregistrements de cette conversation entre les deux présumés receleurs. « Grâce à la police, on avait enregistré toutes les conversations du vieux. Dans l’un des enregistrements que je détiens ici, il a échangé avec son fils Boubacar, qui se trouvait au moment des faits à Macenta. Boubacar, en apprenant l’arrestation de son père, a appelé ce dernier au téléphone en lui demandant s’il pouvait continuer ou alors s’il fallait qu’il revienne pour rendre tout l’argent. Son père lui a répondu qu’il peut continuer et qu’ils ont eu la chance de leur vie avec mon argent ».

Le dossier est renvoyé au 12 juillet 2018 pour la suite des débats. Les deux prévenus sont repartis à la maison centrale où ils sont détenus depuis le 9 mars 2016.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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