Me Cheick Sako, ministre de la Justice

Le tribunal criminel de Dixinn a acquitté hier, lundi 02 juillet 2018, un innocent qui était détenu puisque poursuivi pour plusieurs infractions. Fodé M’bemba Kebé a passé près de cinq ans en prison avant d’apprendre qu’il n’est pas du tout coupable des faits qui lui sont reprochés, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Fodé M’bemba Kebé a été arrêté en novembre 2013 et placé sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes de guerre et viol. Des faits dont il se serait rendu coupable en mai 2013 à Lambanyi, où il aurait violé, avec 6 autres personnes, une fille et blessé un homme qui était venu tenter de secourir cette fille.

Présenté devant le tribunal criminel de Dixinn ce lundi, 02 juillet 2018, l’accusé a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. «Ce jour-là, j’étais avec Tonton, et Blo. On a bu deux bouteilles d’alcool mélangé avec du Coca-Cola. Ivres, on s’est bagarré et la gendarmerie qui a été aussitôt alertée est venue nous disperser. 48 heures après, des agents de sécurité sont venus chez moi pour dire que j’ai violé une fille en groupe et tiré sur Blaise Lisse Haba », a-t-il expliqué.

Poursuivant ses explications, M’bemba Kebé indique que c’est ainsi qu’il a été conduit au commissariat d’Enco5 où il a été soumis à des actes de tortures pour reconnaitre les faits de viol : « J’ai avoué le fait de viol au commissariat sous l’effet des tortures. On m’a ligoté et on m’a frappé, et j’étais obligé d’avouer le viol. Mais je n’ai jamais violé, et je n’ai jamais détenu une arme de guerre », soutient l’accusé.

Des explications aussitôt réfutées par le procureur, Mohamed Samoura, qui a laissé entendre que c’est effectivement Fodé M’Bemba et son groupe qui ont violé la fille. « C’est Blaise Lisse Haba qui a surpris Fodé M’Bemba et son groupe en train de violer la fille. Monsieur Haba a été blessé par l’arme que détenait Fodé M’Bemba Kébé », a dit le procureur.

Le représentant du ministère public rappelle que l’accusé a reconnu les faits devant le commissariat de police et devant même le juge d’instruction. C’est pourquoi, le procureur, dans ses réquisitions, a demandé au tribunal de condamner l’accusé à 20 ans de réclusion criminelle.

Une demande qui a irrité Maître Labila Michel Sonomou, avocat de la défense. Ce dernier a expliqué qu’il n’y a aucune preuve qui justifie la culpabilité de son client : « Dans ce dossier on parle d’une fille violée qui n’a jamais été identifiée, jamais présentée. On parle de détention d’arme de guerre, cette arme n’a jamais été présentée ni à l’enquête préliminaire, ni devant le juge d’instruction encore moins devant le tribunal. Alors je vous prie, de l’acquitter purement et simplement sur le siège », a plaidé Maître Sonomou, soutenu par son confrère Maître Emmanuel Bamba.

Après avoir écouté l’accusé et les différentes parties concernées, le tribunal a acquitté M’bemba Kebé. Le juge Mangadouba Sow, a estimé que les crimes de viol, d’association de malfaiteurs, de détention d’arme de guerre ne sont pas constitués et a ordonné la remise en liberté de l’accusé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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