Abdoulaye Bah

La décision du gouvernement d’installer les conseils communaux dans les circonscriptions où il n’y a pas de contestation des résultats, vient attiser la colère de l’opposition et exacerber les tensions politiques. Interrogé par Guineematin.com sur la question, Abdoulaye Bah, ex-président de la délégation spéciale de Kindia et candidat de l’UFDG à cette mairie, fustige cette décision et indique qu’on ne peut pas installer certains élus et laisser d’autres.

S’achemine-t-on vers un nouvel enlisement de la crise politique en cours dans notre pays depuis cinq mois ? Tout porte à le croire. Et pour cause, le gouvernement a décidé d’installer les conseils communaux dans les circonscriptions où les résultats des élections locales du 04 février ne font pas objet de contestation. De quoi irriter davantage les opposants à l’image d’Abdoulaye Bah, ex-président de la délégation spéciale de Kindia et qui a conduit la liste de l’UFDG dans cette commune urbaine.

Pour lui, si on veut installer enfin les élus locaux, il faut d’abord trouver solution au problème créé par certains présidents de CACV : « Nous pensons que nous avons été bernés, manipulés et trompés par le gouvernement guinéen. C’est un plan caché que Bouréma Condé a dévoilé. On ne peut pas installer les conseillers communaux, alors qu’il y a un problème politique dû à un vol politique avéré avec des preuves. On doit installer les conseillers communaux en même temps dans toutes les communes puisque la loi est claire la dessus », estime l’opposant.

Il ajoute que cette décision du gouvernement est une fuite en avant : « Le gouvernement aurait plutôt eu le courage de nous aider à mettre la main sur les voleurs politiques en Guinée. Des fonctionnaires au plus haut niveau, envoyés comme présidents de CACV, qui reçoivent de l’argent du régime et qui volent pour le compte d’un parti politique appelé RPG. Donc on est en train de mettre les charrues avant les bœufs », déclare Abdoulaye Bah.

Le candidat de l’UFDG à la mairie de Kindia, est revenu aussi sur l’absence de l’opposition à la dernière rencontre du comité de suivi à l’issue de laquelle, le ministre Bouréma Condé a annoncé l’installation des élus locaux sans qu’une solution ne soit trouvée au problème lié à l’annulation de plusieurs résultats favorables à l’opposition par certains présidents de CACV. Cette absence se justifie, selon lui, par le manque de volonté du pouvoir d’aller de l’avant.

« Quand vous avez chaque fois des gens qui jurent par tous les dieux qu’ils vont être sincères, qu’ils vont être responsables, et puis vous arrivez vous trouvez le contraire, mais il faut les quitter parce que vous n’êtes pas de la même moralité. Ce comité de suivi a toujours brillé par son manque de courage politique pour trouver une solution face à un vol politique », soutient l’ex-président de la délégation spéciale de Kindia.

A rappeler que Kindia fait partie des circonscriptions électorales dans lesquelles l’opposition dit avoir été volée par les présidents des CACV, réclamant la restitution de ses suffrages annulés. Les leaders de l’opposition devraient se réunir en plénière très prochainement à Conakry pour décider de la suite à donner à cette décision des autorités du pays.

De Kindia, Mamadouba Sylla pour Guineematin.com

Tél. : 623 78 43 73

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