Les mines de Siguiri et de certaines zones aurifères de la Haute Guinée continuent d’attirer des aventuriers guinéens et étrangers. Mais, au-delà du gain mis en avant par certains chanceux qui reviennent impressionner leur entourage par des réalisations des bâtiments ou autres, il y a plusieurs qui ne reviennent jamais et dont on ignore même les causes de la mort.

Selon des informations recueillies à Siguiri par le correspondant local de Guineematin.com, Harouna Diallo est arrivé à Fatöya, dans la sous-préfecture de Kintinia, il y a un an environ avec son ami Mohamed Kourouma. Les deux ont grandi ensemble à Kindia. Et, au lieu de prendre la route de la Méditerranée pour chercher à rejoindre l’Europe, Harouna et Mohamed ont été séduits par les récits venant des mines d’or de Siguiri.

Ils finiront donc par atterrir dans une mine de Bölötou, à Fatöya, dans la commune rurale de Kintinia, préfecture de Siguiri où ils ont cru pouvoir gagner ce qui leur permettrait de revenir vivre aisément dans la ville de Kindia. Seulement, après quelques mois d’efforts, Mohamed voyait chaque jour ses espoirs s’effriter. Il a alors décidé de continuer l’aventure sur la Gambie, sans pouvoir convaincre son ami.

Pour sa part, Harouna s’est accroché à ses rêves et a continué à creuser les trous hasardeux qui font croire à l’orpailleur que chacun peut bien mener à la grande fortune. Malheureusement, hier, ce sont les ossements qui ont été ramassé dans un trou de mine. A en croire son ami, Mohamed Kourouma (revenu récemment de la Gambie et qui était à la recherche de son ami), ce sont la jaquette et le téléphone qu’il a su que ce qui reste du corps (les ossements retrouvés par d’autres orpailleurs) est de son ami Harouna Diallo, qu’il a laissé dans la zone il y a quelques mois.

« Je reconnais bien cette jaquette et le téléphone, ils appartiennent à mon ami Harouna Diallo. Nous sommes venus ici ensemble en provenance de Kindia. Après quelques mois de travail ici, à Fatöya, je suis allé en Gambie ; et, lui, il est resté là. Quand je suis revenu, je n’ai pas eu de ses nouvelles, son tuteur m’a dit que mon ami Harouna est parti sans l’informer, ni payer son argent, en laissant toutes ses affaires dans la chambre… ».

Après ce témoignage, la dépouille a été remise à Mohamed Kourouma, le seul (aventurier comme le défunt) qui était proche de feu Harouna Diallo à Kintinia pour son inhumation. Et, aucune enquête n’a été ouverte par les services de sécurité. La parenthèse de cet aventurer en quête de fortune a ainsi été fermée, sans aucun compte rendu aux membres de sa famille dont il a semblé se couper depuis belles lurettes… Paix à son âme, amine !

De siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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