Les fortes pluies enregistrées dans la nuit du jeudi 05 au vendredi 06 juillet 2018 dans la préfecture de Kérouané ont été très lourdes de conséquences. Outre la destruction du pont qui permettait la liaison entre Kankan et Kérouané, le bac qui assurait la traversée entre Kérouané et Kissidougou a été aussi emporté par les eaux. Depuis, la traversée est assurée par de simples pirogues avec tous les risques possibles, a constaté un envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

Depuis quelques jours, l’heure est à la tristesse et à la désolation à Kérouané. Car, cette préfecture est quasiment isolée du reste du pays. La circulation est complètement coupée entre Kérouané et Kankan en raison de l’effondrement du pont qui reliait les deux villes. L’autre préfecture voisine, c’est Kissidougou. Mais, là aussi, le bac qui assurait la liaison entre les deux villes a été emporté par l’eau. Une situation qui préoccupe Abdoulaye Condé, la cinquantaine.

« Nous nous sommes réveillés le vendredi matin avec cette situation, depuis que je suis né, la pluie n’est jamais tombée ici de cette manière. Le bac et plusieurs pirogues ont disparu, on a réussi à récupérer quelques pirogues, mais 4 d’entre elles et le bac sont encore au fond de l’eau. Au jour d’aujourd’hui, le passage pour se rendre à Kissidougou est bloqué », témoigne cet habitant de Kérouané.

Pour éviter donc d’être coupés complètement du reste du pays, les habitants de Kérouané font recours aux pirogues pour rallier la préfecture de Kissidougou. Et cela, malgré tous les dans les dangers qu’ils courent. Car, non seulement ces pirogues ne peuvent pas résister aux vagues, mais aussi elles ne disposent d’aucun gilet de sauvetage. M’Bemba Camara, le chef des piroguiers, est conscient de ces dangers, mais il n’a pas meilleure solution.

« Nous n’avons qu’un seul bac ici qui assurait la traversée. Alpha Condé nous a promis pendant la période électorale qu’il allait nous envoyer un bac, d’après nos informations, le financement aurait été fait, mais nous n’avons rien vu encore. Des topographes viennent ici chaque fois, mais la population de Kérouané n’a plus confiance en eux maintenant », affirme M’Bemba Camara.

Ces citoyens sollicitent aujourd’hui de l’aide urgente pour remonter leur bac qui se trouve au fond du fleuve Milo, afin d’éviter des drames sur place. Il faut noter par ailleurs, qu’en raison de cet isolement, la préfecture de Kérouané risque d’être confrontée à une pénurie de carburant dans les prochains jours.

De Kérouané, Abdoulaye N’Koya SYLLA, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel : (00224) 620 95 40 47

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