L’assemblée générale hebdomadaire du RPG Arc-en-ciel de ce samedi 14 juillet 2018, a été marquée par la sortie du ministre du Budget, Ismaël Dioubaté qui s’est exprimé sur la hausse du prix du carburant. Devant les militants fortement mobilisés, d’autres membres du gouvernement et des responsables du parti au pouvoir, il a tenu à « faire taire les rumeurs et les fausses informations » sur cette question qui suscite une vague d’indignation dans le pays, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Alors que la mobilisation s’intensifie pour protester contre la hausse du prix du carburant en Guinée, le gouvernement ne semble pas prêt à reculer. Au contraire, les autorités guinéennes tentent de justifier cette décision. Et c’est à cet exercice que s’est livré Ismaël Dioubaté, le ministre du Budget, à l’occasion de l’assemblée générale du RPG Arc-en-ciel de ce samedi 14 juillet 2018.

« Tous les jours que Dieu fait, minute par minute, heure par heure, le cours mondial des matières premières augmente. Déjà là où je vous parle, le prix du carburant varie entre 75 dollars et 78 dollars le baril à l’international. Prenez le franc guinéen et vous multipliez par ces coûts-là et vous allez trouver un chiffre. Pendant ce temps, le prix à Bamako du carburant c’est 700 francs CFA le litre, quand on convertit ça en franc guinéen, ça fait 11.500 GNF. Le prix en Côte d’Ivoire ça fait 698 francs CFA, tu le mets ici tu es à 10.700 GNF. Qu’est ce qui se passe ? Tout le carburant que nous, nous importons en sortant les devises de la nation, ces carburants-là sont vendus au Mali, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Tout est parti, le nombre de stations aujourd’hui entre Kankan et Siguiri jusqu’à Kourémalé c’est nombreux. Qu’est-ce que ça fait comme perte pour l’Etat ? Rien que pour les six mois, la Guinée a perdu sur le carburant 765 milliards de francs guinéens et on subventionne tout dans ce pays-là », a dit Ismaël Dioubaté.

Le ministre du Budget a répondu aussi à ceux qui accusent le gouvernement d’avoir augmenté le prix du carburant de façon unilatérale : « Dans tous les pays aujourd’hui, on appelle ça flexibilité des prix ; on ne demande l’avis de personne. Quand le prix baisse, vous vous réveillez le matin on baisse le prix, si ça augmente aussi, on ne demande l’avis de personne », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, les gens doivent savoir d’ailleurs, que les 2000 GNF augmentés sur le prix du litre de carburant ne constituent pas de nouvelles recettes pour l’Etat comme certains le pensent : « Il ne faut pas faire croire aussi que les 2 000 francs d’augmentation est une recette nouvelle, non ! Ce n’est pas une recette nouvelle, c’est d’arrêter la perte. C’est-à-dire, on vient au prix auquel on a pris et on vend à ce prix-là sans recette ni rien. Mais avant l’augmentation, on prenait une marchandise à 10 000 GNF et puis on la revend à 8 000 GNF, c’est ça l’explication. Maintenant on le prend à 10 000 GNF et on le revend à 10 000 GNF, on ne fait aucun surplus, on arrête juste la subvention », soutient le ministre.

Il a enfin évoqué les négociations engagées avec les syndicats sur la question et qui semblent aujourd’hui être au point mort. Là-dessus, Ismaël Dioubaté s’est montré optimiste. Pour lui, les syndicalistes sont de très bonne foi, et c’est clair qu’ils vont comprendre la situation et s’entendre avec le gouvernement sur cette question.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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