Moriba Sidibé, IRE de Boké

La région administrative de Boké a enregistré l’un des plus faibles taux de réussite régionaux au baccalauréat 2018. 17% seulement de ceux qui ont composé ont eu leur examen dans cette région. Une grosse déception pour les candidats et leurs parents, et une leçon pour tous les acteurs du secteur éducatif guinéen pour les autorités éducatives locales, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Boké.

« Voici la situation des résultats par préfecture : quand je prends Boffa, le pourcentage d’admission est de 47,23% pour l’enseignement général et 95,83% pour le franco-arabe. Ce qui fait de Boffa la meilleure préfecture cette année dans les examens dans la région de Boké. Boké : 16,39% pour l’enseignement général et 38,57% pour le franco-arabe. Fria : notons de passage que c’est la préfecture de la région qui a eu le plus faible pourcentage cette année avec 9,36% d’admis. Gaoual : 17,82% et Koundara : 16,34%.

Au total, la région de Boké a comme inscrits, 5.925 ; 5.439 ont été évalués ; et 942 dont 269 filles sont admis. C’est ce qui donne un pourcentage régional de 17,32% pour l’enseignement général. Au franco-arabe, on a comme inscrits : 101 candidats dont 15 filles ; admis: 50 dont 6 filles, soit un taux de réussite de 53,19% ». Ce sont là les résultats du baccalauréat 2018 publiés par l’inspecteur régional de l’éducation de Boké, Moriba Sidibé.

Face à ces résultats qui provoquent un choc au sein de l’opinion dans la région, particulièrement dans les familles des candidats, le responsable éducatif estime qu’il faut plutôt tirer les leçons de cet échec et essayer d’améliorer le système éducatif guinéen : « Je crois qu’on a donné le vrai visage de la situation de l’éducation guinéenne, rien ne pouvait passer à côté de la vérité. Il faut que chacun se remette en cause et rectifie le tir », a déclaré Moriba Sidibé.

L’inspecteur régional de l’éducation de Boké tente déjà de trouver l’origine de cet échec massif au bac : «Vous savez, tout dépend de la base, l’enseignement à l’élémentaire. Quand l’élève rate ça, il va avec ses tares jusqu’en terminale. Donc la première des choses au niveau du système éducatif, c’est de renforcer l’enseignement à la base. Si l’élève est bien formé à l’élémentaire, je vous assure qu’il aura moins de problèmes », soutient-il, ajoutant que « les mouvements de grève, mais aussi et surtout la démission des parents sont aussi des facteurs ayant favorisé cette situation ».

Moriba Sidibé annonce des dispositions à mettre en œuvre à partir de l’année prochaine, pour éviter ce genre de situations à l’avenir dans la région de Boké : « Lors de ma prise de fonction, j’ai circulé dans toutes les préfectures, j’ai dit que je ne veux pas entendre que dans une école il n’y a pas eu 20% d’admis. Et au cas contraire, j’allais prendre des dispositions contre l’encadrement de l’école. Car la sédentarisation des cadres dans leurs postes est un problème, moi je vais prendre des dispositions si Dieu le veut bien, et je commence par l’encadrement », a-t-il indiqué.

De Boké Abdourahmane N’Diaré Diallo pour guineematin.com

Tél. : 628 98 49 38

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