Nouvelle journée tendue à Labé : plusieurs blessés enregistrés dont un par balle

Au lendemain de la chaude journée d’hier, la ville de Labé a été le théâtre de nouvelles violences ce jeudi, 26 juillet 2018. Plusieurs jeunes de la commune urbaine sont descendus dans la rue pour protester contre les exactions perpétrées mercredi par des agents de sécurité sur des membres des Forces Sociales de la ville. Et, de nouveaux affrontements ont opposé les manifestants aux forces de l’ordre, faisant des blessés dont un par balle, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Labé.

La tension qui a régné à Labé jusque dans la soirée d’hier a repris de plus belle ce jeudi. Dans la matinée, des jeunes sont sortis ériger des barricades dans la rue pour protester contre les exactions de la police. Cela, suite à la descente musclée que des agents de sécurité ont effectuée, le mercredi, 25 juillet 2018, au siège des Forces Sociales de Labé où ils ont molesté des syndicalistes et des activistes de la société civile, arrêtant certains et détruisant leurs engins.

Ces jeunes ont pris d’assaut tous les grands ronds-points de la ville où ils ont érigé des barricades et brûlé des pneus. Des affrontements les ont opposés avec les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et même des tirs à balles réelles pour disperser les manifestants. Ces affrontements ont fait plusieurs blessés dont un jeune élève de 20 ans qui a touché par balle. Des agents des forces de l’ordre sont accusés aussi d’avoir bloqué des motos et frappé leurs propriétaires.

Face à cette tension qui paralyse toutes les activités dans la ville, les autorités régionales ont rencontré les responsables des Forces Sociales pour tenter de ramener le calme dans la ville. Le gouverneur de Labé, Sadou Keita, a reçu les leaders des Forces Sociales de Labé pour discuter autour de cette crise qui prend de l’ampleur au fur et à mesure. Il a demandé aux syndicalistes d’appeler les jeunes au calme. En réponse, les syndicalistes ont exigé d’abord la libération de leurs camarades détenus, la restitution des biens saisis et la réparation des dommages causés.

« Nous avons dit au gouverneur de libérer nos camarades ou bien nous emprisonner avec eux. C’est à lui de choisir. Pour les pertes, nous avons installé une commission qui va nous faire le point de la situation et nous faire le compte rendu après », a annoncé Elhadj Lamine Sangaré, le secrétaire général de l’union régionale des travailleurs de Labé, syndicat affilié à la CNTG au sortir de la rencontre.

Cette commission justement s’est mise immédiatement à la tâche. Elle a fait plusieurs tours entre le gouvernorat, la justice et les locaux de la police et des Forces Sociales. Après ces tournées, le président de la commission Maître Tanou de la CNTG indique qu’ils n’ont pas pu faire un inventaire de tous les biens saisis par les agents de sécurité, parce que la plupart se trouvent dans les locaux de la justice où ils n’ont pas pu avoir accès.

Le syndicaliste relève 06 syndicalistes détenus, 10 véhicules et 20 motos qui ont subi des caillasses ainsi que plusieurs motos et téléphones confisqués. Au moment où nous mettions cet article en ligne, les négociations se poursuivaient entre les Forces Sociales et le gouvernorat pour la libération des syndicalistes emprisonnés.

De Labé, Saifoulaye Diallo pour Guineematin.com

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