Comme plusieurs autres activités, la confection de briques a besoin d’eau et du soleil. Mais depuis le début de la saison des pluies, cette activité est sérieusement perturbée. Une situation difficile pour les acteurs de ce secteur comme Mamadou Aliou Diallo, responsable d’une briqueterie située au quartier Taouyah dans la commune de Ratoma que Guineematin.com a interrogé ce vendredi, 03 août 2018.

Guineematin.com : depuis quelques semaines, il pleut abondamment à Conakry. Vous qui travaillez dans cette briqueterie qui n’est pas couverte, quel est l’impact de la pluie abondante sur vos activités ?

Mamadou Aliou Diallo, chef d'équipe dans un chantier de confection de briques au quartier Taouyah

Mamadou Aliou Diallo

Mamadou Aliou Diallo : actuellement, notre travail est vraiment difficile. Vous voyez, nous n’avons même pas de hangar, depuis l’arrivée de la saison des pluies, nos activités ne fonctionnent pas parce que nous n’arrivons pas à travailler à cause de la pluie. C’est quand parfois il cesse un peu de pleuvoir que nous profitons pour mélanger un ou deux sacs de ciment, mais il arrive des moments pendant lesquels on ne travaille pas du tout. Par exemple aujourd’hui, on ne va pas travailler à cause de la pluie.

Guineematin.com : combien de personnes en tout travaillent dans cette briqueterie ?

Mamadou Aliou Diallo : ça varie en fonction du temps et de l’ampleur de l’activité. Parfois nous sommes 2, parfois 5 et si ça fonctionne bien, il n’y a de pluie, on peut aller jusqu’à 10 personnes.

Guineematin.com : vous dites que votre travail est beaucoup ralenti actuellement, qu’en est-il alors de la clientèle, est-ce que vous recevez beaucoup de clients qui viennent faire des commandes en cette période ?

Mamadou Aliou Diallo : actuellement il y a aussi très peu de clients. C’est dû peut-être à la pluie mais en tout cas les clients ne viennent pas. Ça fait quatre jours comme ça que je n’ai vu aucun client venir ici pour me demander quoi que ce soit.

Guineematin.com: on sait que dans la confection des briques vous utilisez du ciment, du sable et du granit entre autres, comment vous obtenez ces matières premières ?

Mamadou Aliou Diallo : les granits, nous les achetons à Manéah. On les achète par mètre cube. Les tas que vous voyez là ce sont des tas de 18 mètres cubes, c’est les camions remorques qui les envoient ici. Je ne sais pas combien coûte le chargement mais je sais qu’un mètre cube de granite coûte 260 mille francs guinéens. Le sable, nous l’achetons par chargement. Un chargement d’un camion de dix roues se négocie entre 1.400 000 francs et 1.800 000 francs guinéens. Ça dépend de la négociation. Et en ce qui concerne le ciment, le sac coûte 75 000 francs guinéens.

Guineematin.com : et vous, vous vendez les briques à combien ?

Mamadou Aliou Diallo : les briques 15 creuses, on les vend à 3500 GNF l’unité sur place, si c’est au chantier c’est à 4000 ou à 3800 GNF. Les briques 10 creuses, on les vend à 3300 GNF sur place. Si on envoie au chantier du client, c’est 3400 GNF ou 3500 GNF. Les briques 20 pleines se vendent à 8500 GNF y compris le transport pour le chantier du client. Et enfin, les ourdies sénégalaises et françaises se vendent à 6500 GNF au chantier du client. Si c’est la vente seulement, ça c’est 4500 GNF l’unité.

Guineematin.com: avec un sac de ciment mélangé aux autres ingrédients, combien de briques pouvez-vous confectionner ?

Mamadou Aliou Diallo : avec un sac de ciment, on peut avoir 80 à 85 briques pour les 15 creuses, 100 briques pour les 10 creuses, 40 briques pour les 15 pleines, 30 à 35 briques pour les 20 pleines enfin 55 à 65 briques par sac pour les ourdies sénégalaises et françaises.

Guineematin.com: pour quelqu’un qui veut construire une maison de trois chambres plus le salon par exemple, combien de briques lui faut-il ?

Mamadou Aliou Diallo : pour un bâtiment de trois chambres et un salon, il faut nécessairement 1500 briques.

Propos recueillis et décryptés par Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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