Les réactions se font entendre au lendemain de la signature de l’accord politique ayant permis de trouver solution au contentieux électoral, à l’origine de la crise post-électoral qui secouait notre pays depuis février dernier et qui empêchait jusque-là l’installation des conseils communaux élus à l’issue des élections locales du 04 février dernier. Interrogé par Guineematin.com sur la question, Abdoulaye Bah de l’UFDG et qui va diriger la mairie de Kindia, salue une grande victoire pour l’opposition guinéenne.

« C’est un sentiment de joie et de satisfaction qui m’anime suite à la signature de cet accord politique, pour la simple raison que le bon sens a prévalu hier sur la passion. Car, aujourd’hui, le 09 août 2018, allait être inscrit dans les livres d’or de l’histoire de la Guinée. Parce que le peuple de Guinée était décidé à tenir la marche de sa démocratie, et nous à Kindia, on était en première ligne. En politique, le rapport des forces peut faire gagner les choses et c’est ce que mon président Elhadj Cellou Dalein Diallo auquel je rends vraiment hommage, a compris et a mis dans la balance.

Voir hier des dignitaires du régime d’Alpha Condé à savoir : monsieur Amadou Damara Camara, le Général Bouréma Condé et de monsieur Tibou Kamara, le pompier du gouvernement d’Alpha Condé chez le président Cellou, pour moi c’est une grande fierté. Par rapport à l’accord, je dirai que nous n’avons fait que récupérer ce qu’on a voulu nous enlever parce que nous avons écrasé le RPG Arc-en-ciel par les urnes et non par les armes », a-t-il déclaré.

Il faut toutefois dire que cet accord n’a pas permis à l’opposition de récupérer la totalité des communes qu’elle revendiquait. Matoto, Dixinn et Matam, trois communes de Conakry dans lesquelles les opposants disent avoir gagné, restent encore en jeu parce que pour ces communes il a été décidé de passer par des élections pour désigner les maires. Mais malgré tout, Abdoulaye Bah estime que son camp sort victorieux de cette bataille avec le pouvoir.

« En sciences politiques nous avons un dicton qui dit que la politique est un jeu à score nul, c’est que l’un gagne, l’autre perd. On ne peut pas avoir 100% des revendications en politique. Hier, sur 12 communes, nous avons obtenu 7 communes : les 6 communes rurales et la commune urbaine de Kindia plus les 26 quartiers qu’on comptait nous voler, mais également la pression politique qui a poussé les dignitaires du régime à venir chez le chef de file de l’opposition pour négocier, il faut dire que c’est une victoire pour nous ».

Pour le futur maire de Kindia, l’issue de ce bras de fer donne une leçon très importante aux Guinéens : « Il y a une leçon qu’on peut tirer de la lutte politique en Guinée. C’est que si on est convaincu d’être Guinéens, d’être politiciens, dans un parti politique légalement créé et qui exerce ses activités légalement en Guinée, on est en droit de revendiquer notre dû par tous les moyens légaux.

Cette négociation politique d’hier n’avait rien de spectaculaire, c’est parce qu’ils ont compris que s’ils campaient sur leur position en refusant de nous rendre ce qui nous appartient, le peuple révolutionnaire de Guinée du 28 septembre 1958 allait absolument prendre sa responsabilité devant l’histoire et devant Dieu », a conclu Abdoulaye Bah.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin