Sosso KantéTout comme l’UFR de Sidya Touré, le PEDN de Lansana Kouyaté désapprouve aussi l’accord politique obtenu le mercredi, 08 août 2018, entre le pouvoir et l’opposition républicaine sur le contentieux électoral. Cet accord permet de mettre fin à la crise post-électorale qui durait depuis 6 mois, mais il est loin de faire l’unanimité au sein de la classe politique. Mamady Sosso Kanté, deuxième responsable de la cellule de communication du PEDN, dénonce une violation flagrante de la loi et annonce que son parti n’acceptera pas cet accord.

Décryptage !

C’est un sentiment de désolation et de mépris face au recul des principes démocratiques que nous sommes en train de constater dans le pays. Quand il y a des contentieux électoraux, ce n’est pas deux faces d’une même médaille qui doivent se retrouver pour essayer de donner un accord. Ce n’est pas un accord. C’est pour dire que nous sommes désolés de trouver que la Guinée est en train d’être prise en otage par ces deux partis politiques qui sont en train de vendre la voix des Guinéens à leur propre gré. Ce qui fait aujourd’hui que le PEDN condamne et n’acceptera pas cet accord politique. On n’organise pas les élections pour un parti politique mais plutôt pour les citoyens.

Il faudrait savoir tout simplement que c’est une négation absolue des principes démocratiques. Parce qu’on ne peut pas au moins accepter qu’un parti censé être dans la course et censé être positionné pour la présidentielle, c’est-à-dire, un parti de celui qui considéré comme le chef de file de l’opposition, à savoir l’UFDG de monsieur Cellou Dalein Diallo et le parti du Président de la République qui a été toujours contesté par sa gouvernance, se permettent de se donner la main afin de biaiser la voix du citoyen. Moi je pourrais appeler ça comme un crime. C’est une manière de dérober la voix d’un citoyen.

Dans les autres pays, le bulletin est une arme, mais jusqu’à présent en Guinée, nous ne sommes pas en train d’être à la hauteur pour pouvoir comprendre. C’est pour cela que nous sommes non seulement déçus du Gouvernement mais aussi de l’opposition républicaine : l’UFDG et les quelques partis qui ont accepté cet accord. Parce qu’il faudrait être clair dans cet accord, c’est une violation non seulement fragrante de notre Constitution mais surtout du code électoral.

L’article 114 dit qu’en cas de contentieux issu des élections communales, il faudrait que nous saisissions le tribunal du ressort. Parce que c’est la matière civile et c’est une élection de proximité. Le tribunal de ressort rend son jugement qui n’est susceptible d’aucune contestation. L’article est très clair. En cas de rejet, il essaye d’adresser au Président de la CENI qui proclame les résultats définitifs. Mais en cas d’annulation, les élections ne sont pas acceptées. Et dans un délai de 60 jours, on organise une autre élection.

Propos recueillis par Mohamed DORE pour Guineematin.com

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