Les missions d’observations nationales continues de publier leurs rapports d’observations sur le second tour de la présidentielle malienne, tenue hier. Ce lundi, 13 août 2018, le Pool d’Observation Citoyenne du Mali (POCIM) a rendu public sa mission d’observation sur ce scrutin. C’était dans un réceptif hôtelier de la capitale, en présence de ses partenaires et des médias, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com à Bamako.

Dans sa communication, Ibrahima Sangho, président du POCIM a dit que le deuxième tour de l’élection présidentielle s’est déroulé de façon apaisée. Pour lui, l’heure de la clôture de 18 heures a été respectée dans la majorité des bureaux de vote couverts par le POCIM. Aussi, rappelle monsieur Sangho, après la clôture, les opérations de dépouillement ont démarré en présence des Observateurs de son institution.

« Le Pool d’Observation Citoyenne du Mali (POCIM) a déployé 2 040 observateurs, pour observer le deuxième tour de l’élection présidentielle du 12 août 2018, au Mali. Ce que nous avons apprécié le plus est que le scrutin s’est déroulé dans le calme. Et, par rapport à la participation, à l’ouverture d’abord des bureaux de vote, les opérations de vote, la clôture et le dépouillement, nous avons remarqué un taux de satisfaction. Donc, les taux de satisfaction que nous avons eu, c’est au tour de 67% jusqu’à 99% ; donc, le scrutin s’est passé sur l’ensemble du territoire de manière sereine », a-t-il introduit.

Selon le président du POCIM, comme au premier tour, ses observateurs ont décelé un certain nombre de problèmes au deuxième tour de la présidentielle au Mali. Pour lui, il y avait de grands défis sécuritaires à relever pour ce second tour, notamment au centre et au Nord du pays.

« Des défis sécuritaires se sont invités dans les élections pendant le premier tour et aussi pendant le deuxième tour ! Au deuxième tour, il y a eu mort d’homme le jour même des élections, dans la commune de Niyafoungué ; et, cela est à déplorer. Donc, la sécurisation du processus électoral n’a pas été à la hauteur des souhaits pour permettre aux maliens de voter dans la tranquillité. Si on voit aussi le nombre de cartes électeurs qui ont été distribués, c’est six millions ; plus de 70% des cartes d’électeurs distribués sur l’étendue du territoire national pour huit millions d’habitants. Mais, quand on voit les taux de participation des électeurs, non seulement au premier tour qui avoisinait les 42%. Le deuxième tour, on est sûr qu’on ne sera pas dans l’ordre de 42%, cela cause des problèmes et cela mérite des réflexions de la part de tout un chacun », a-t-il expliqué.

Ibrahim Sangho dit avoir également remarqué des incidents sur l’ensemble du territoire national, notamment la faible mobilisation à ce second tour. Ce qui à ses yeux finira par montrer que le taux de participation au premier tour sera largement au-dessus de ce deuxième tour.

« On a remarqué que les zones qui ont connu l’insécurité pendant le premier tour, ce sont les même zones qui ont connu l’insécurité pendant le deuxième tour. Alors qu’on pensait qu’il allait y avoir une meilleure sécurisation du processus électoral. Si on prend la région de Ségou, le cercle de Ngnondo et une partie du cercle de Macina, il y a des communes où il n’y a pas eu de vote ou bien le vote a été perturbé à cause de la présence des prétendus djihadistes qui étaient là pour empêcher aux gens de voter. Et, il y avait la menace sécuritaire par Amadou Koufar par exemple dans la région de Mopti, une partie de la région de Ségou et aussi une partie de la région de Tombouctou. Ils ont mis à exécution ces menaces parce que déjà entre les deux tours de l’élection présidentielle, le lendemain du premier tour, il y a eu trois (3) personnes qui ont été égorgées par des prétendus djihadistes. Ça, c’est dans le cercle de Baïgara. Ensuite, pendant le deuxième tour, ils ont assassiné le président d’un bureau de vote, dans un bureau de vote et quatre assesseurs ont été molestés », a-t-il fustigé, ajoutant que cela jette un discrédit sur le bon déroulement de ce deuxième tour de la présidentielle au Mali.

Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00223) 92 57 77 96

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