Le directeur de campagne de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) de Soumaïla Cissé, vient de dénoncer le bourrage des urnes en faveur du candidat du parti au pouvoir dans plusieurs régions du pays et exige la publication immédiate et sans condition « des vrais résultats issus des urnes». C’était à l’occasion d’une conférence de presse animée dans la soirée de ce mardi, 14 août 2018, à son Quartier Général, à ACI 2000, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Bamako.

Dans son intervention, Tièblé Dramé, directeur de campagne de l’URD, principal parti de l’opposition malienne, a commencé par rappeler que son leader, Soumaïla Cissé, a rejeté les « résultats » attribués au président sortant dans plusieurs localités du Nord. Il a par exemple cité des localités comme le « cercle de Gourman-raousse où il n’y pas eu d’opérations de vote dans plusieurs communes. Or, on y a attribué au candidat Ibrahim Boubacar Keïta, 30 694 voix ; et, à Soumaïla Cissé, 6 467 voix. Une zone qui est traditionnellement un fief électoral de Soumaïla Cissé. A Salam aussi, dans la nouvelle région de Tahoudinie, on apprend que le candidat IBK a obtenu ou aurait obtenu 11 316 voix, tandis que Soumaïla Cissé s’était vu attribuer 379 voix. Andéraboucane, dans le cercle de Menaka, IBK : 9865, Soumaïla Cissé : 1158 voix. Talatahi, dans le cercle d’Anssongho, IBK : 8646 voix, Soumaïla Cissé : 547, ainsi de suite. Thidermène, nouvelle région de Menaka, IBK : 6 360 voix, Soumaïla Cissé : 87. Tarkeinte comme au premier tour : 9 950 voix pour IBK et Soumaïla Cissé, une voix. Ce sont ces exemples que nous avons pris pour dire très clairement que nous rejetons ces résultats caractérisés par le bourrage d’urnes », a annoncé Tièblé Dramé.

En outre, le directeur de campagne de Soumaïla Cissé a indiqué que ce n’est pas seulement les endroits précités qui ont été des zones « grises de la fraude » ; mais, « les bourrages d’urnes » ont été opérés en particulier dans la région de Cikasso et de Ségou, notamment en zone CMDT et office du Niger.

« Ce sont des résultats de bourrage d’urnes que nous récusons, que nous rejetons. En rejetant les résultats de la fraude et des bourrages d’urnes, nous sommes conformes à la déclaration du 30 juillet où avec d’autres candidats, nous avons dit que nous n’acceptons pas des résultats affectés par des irrégularités et par des fraudes. Nous ne pouvons pas rejeter tous les résultats dans la mesure où, sur la base de notre compilation sans les résultats de la zone crise où les bourrages à ciel ouvert ont eu lieu, notre candidat a recueilli 51,97% de manière régulière et crédible. C’est la raison pour laquelle nous exigeons du gouvernement de la République du Mali, aujourd’hui et maintenant, la publication des résultats de chaque bureau de vote. Le gouvernement ne s’était résolu à publier les résultats bureau de vote par bureau de vote, qu’après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, en précisant que ces résultats n’avaient pas de valeur juridique. Nous n’acceptons pas ça. Nous demandons aujourd’hui et maintenant, pour la transparence, la publication des résultats bureau par bureau, les résultats de chaque bureau de vote. Ça serait les résultats sortis des urnes », a-t-il insisté, précisant que c’est le pouvoir qui veut créer le chaos dans le pays.

Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com à Bamako

Tél. : (00223) 92 57 77 96

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