rapport d’observation électoraleLa mission d’Observation électorale de l’Union Européenne a animée une conférence de presse dans un réceptif hôtelier de Bamako, ce mardi, 14 août 2018. Cette rencontre avec les hommes de médias avait comme objectif de faire le point sur son observation électorale du second tour des élections présidentielles au Mali, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Bamako.

observateurs de l'UEDans sa déclaration, la cheffe des observateurs, madame Cécile Kyenge, a relevé que la situation sécuritaire au Mali n’a pas permis à tous les candidats de parcourir tout le territoire national. « Nous l’avons remarqué au premier tour, nous le disons aujourd’hui encore, l’insécurité dans les régions du Nord et du centre du pays constitue un facteur négatif pour la démocratie, comme pour l’économie et pour la prospérité du Mali. Certes, avec les élections présidentielles, les autorités maliennes en charge de la sécurité, ainsi que les responsables de la MINUSMA ont renforcé leur dispositif, permettant ainsi de limiter les influences négatives de l’insécurité sur le processus électoral. Cependant, nous avons enregistré le meurtre du président d’un bureau de vote dans le Nord (…). En dépit de cet assassinat et d’autres incidents qui ont marqué le jour du scrutin, nous devons reconnaître que le vote du 12 août s’est déroulé globalement dans le calme. C’est ce que nous ont rapporté nos 90 observateurs déployés sur le territoire pour ce deuxième tour », a-t-elle fait remarquer.

Observateurs de l'UESelon Cécile Kyenge la mission d’observation électorale de l’UE était présente à Bamako, à Gao, à Ségou, ainsi que dans le Sud et l’Ouest du pays. Par contre, le jour du scrutin, précise-t-elle, la mission n’était pas dans les régions de Mopti, de Kidal et de Tombouctou pour des raisons sécuritaires. « Comme vous le savez, notre mission va continuer à travailler même après l’annonce des résultats dans quelques jours. Nous allons ensuite formuler des recommandations que nous remettrons aux autorités maliennes pour qu’elles puissent en faire usage et améliorer la gestion des futures élections. Mais, avant d’y arriver, nous avons pu relever quelques difficultés qui ont en quelques sortes influencé ces élections et qui exigent des changements pour le futur. Nous avons relevé une nécessité de coordination plus efficiente entre les différentes institutions qui s’occupent chacune d’un aspect particulier des élections. Le ministère de l’Administration du Territoire et de la décentralisation (MATD), la direction générale des élections, la CENI et la Cour constitutionnelle », a-t-elle dit.

En outre, la cheffe de mission des observateurs rappelle que cette coordination plus efficiente pourra être obtenue, à condition que le Mali entreprenne un parcours de réforme de la loi électorale.

« La mission qui poursuit sa mission de centralisation et du traitement des résultats, ainsi que des recours, renouvelle ses appels à la transparence à l’endroit des institutions électorales. Notre mission souhaite notamment que le ministère l’Administration du Territoire et de la Décentralisation publie comme il l’avait fait au premier tour, et dès que possible, la liste des bureaux de vote où le vote n’a pas pu se tenir ; ainsi que l’intégralité des résultats provisoires bureau de vote par bureau de vote, conformément aux bonnes pratiques électorales. Nous invitons également les autorités à rendre public l’état de distribution finale des cartes électeurs. Parmi les autres mesures de transparence, la mission d’observation de l’Union européenne demande que l’accès des observateurs nationaux et internationaux à la centralisation soit garanti par l’administration électorale dans les mêmes conditions que lors du premier tour et que le traitement par la cour constitutionnelle des résultats réponde aux mêmes critères. Enfin, la mission de l’Union européenne appelle les candidats à la retenue en évitant d’annoncer leur propre estimation avant la publication des résultats provisoires par l’administration électorale et à régler les contestations éventuelle par la seule voie des recours juridictionnelles », a-t-elle exhorté.

Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com à Bamako

Tél. : (00223) 92 57 77 96

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