Aziz DiopLa mort du jeune Cheick Oumar Fofana aux abords d’un maquis à Kankan a mis le feu aux poudres. Les jours suivants, des jeunes se sont déchaînés et s’en sont pris à des buvettes et autres dépôts de boisson. L’autre actualité dans la région est cette vague d’inondations qui a causé d’importants dégâts matériels.

Pour parler de ces deux sujets, le correspondant local de Guineematin.com s’est entretenu avec le préfet. Aziz Diop a tiré à boulets rouges sur les cadres de l’habitat, « qui ont vendu le bras du fleuve Milo en allant, vers Kankan-koura à des tiers, sans même de titres fonciers, au nom de l’Etat ».

Guineematin.com : deux maquis ont été saccagés, pillés et incendiés suite au décès du jeune Cheick Oumar Fofana. Quelle lecture faites-vous sur ces incidents ?

Aziz Diop : j’ai déploré la situation. Je suis malade, c’est bien vrai, mais ce n’est pas ma tête qui est malade, je suis opérationnel. A Kankan, qu’il y ait meurtre et que je ne sois pas informé jusqu’ici… Hier, j’ai dit à mes services de police et de la gendarmerie que je ne suis pas satisfait, au chef de quartier également qui n’était pas informé. Mais, les gens ont mis ça dans un truc de troisième degré, parce que c’était un cas de bagarre au début, donc qu’il n’y avait pas intérêt à informer les autorités. C’est après l’enterrement que j’ai été appelé pour me dire que les jeunes sont entrain de casser les bars. Aussitôt, j’ai fais déployer les services de sécurité, quarante cinq (45) minutes après, l’ordre public a été rétabli.

Guineematin.com : est-ce qu’une enquête a été ouverte pour situer les responsabilités par rapport à ces pillages, surtout que les citoyens ne doivent pas se rendre justice ?

Aziz Diop : j’ai fait la réquisition et derrière ça, j’attends un rapport de la part de la police et de la gendarmerie. C’est suite à ce rapport que je vais requérir la contribution du procureur. Les faits ne seront pas impunis.

Guineematin.com : la ville de Kankan et ses environs sont victimes d’inondations depuis le début du mois d’août. A votre niveau, qu’est-ce qui a été fait ?

Aziz DiopAziz Diop : du point de vue du constat que nous on tire, il y a la responsabilité de l’Etat et celle des citoyens. Il y a des zones marécageuses, dès qu’une petite pluie tombe, le sol est inondé et ça crée des boues. Cela fait enfoncer les maisons. Donc, on dit zone inhabitable. Et paradoxalement, à Kankan aujourd’hui, ces zones inondables n’ont pas été respectées par des cadres malhonnêtes de l’Habitat. Il ne faut pas aller plus loin, c’est eux qui ont vendu le bras du fleuve Milo en allant vers Kankan-Koura à des tiers, sans même de titres fonciers, au nom de l’Etat. A Bordo également, il y a des zones inondables qu’on ne devrait pas vendre. Et en amont, quand vous voyez Bordo, les eaux de ruissellement n’ont pas de route, rien n’est fait pour que la canalisation accompagne les habitants. C’est un vrai problème, et c’est là que se situe la responsabilité de l’Etat.

Guineematin.com: vous avez rendu visite ce matin à plusieurs familles sinistrées. Dites-nous comment vont ces familles et surtout quel message avez-vous véhiculé pour les réconforter ?

Aziz Diop: ce matin, j’ai été choqué malgré mon état. J’étais obligé d’aller sur le terrain, partager la peine des pauvres citoyens, les écouter, mobiliser les volontaires de la Croix Rouge qui sont sur le terrain, pour aider les citoyens à ce que l’eau soit complètement évacuée. Nous allons mettre les citoyens à l’abri et identifier les pertes, pour qu’on puisse remonter ça à l’Etat, pour que ces pauvres là soient dédommagés. C’est vraiment de la peine. On est chargé de protéger et secourir ces citoyens…..

Entretien réalisé par Abdoulaye N’koya SYLLA depuis Kankan pour Guineematin.com

Tél : 00224 620 95 40 47

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