Mauvais état des routesPlusieurs vendeuses d’aliments à Conakry ont vu leurs chiffres d’affaires chuter ces dernières semaines. Une situation due au mauvais état des routes de l’intérieur du pays, particulièrement dans la région forestière. Les commerçantes qui vont acheter certains aliments comme les bananes dans une partie de la Guinée où l’agriculture est fortement pratiquée pour venir les revendre dans la capitale, ont subi beaucoup de pertes liées au mauvais état des routes, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Au marché de Yimbaya Tannerie dans la commune de Matoto, l’heure est aujourd’hui à la déception chez beaucoup de vendeuses de bananes. Ces commerçantes qui vont acheter leurs marchandises en forêt pour venir les revendre à Conakry, ont enregistré des pertes énormes ces dernières semaines. Des pertes causées par le mauvais état des routes, notamment l’axe Guéckédou-Macenta. La forte dégradation de cette route entraîne un grand retard des camions transportant leurs produits qui pourrissent d’arriver à Conakry.

Saran Traoré

Parmi ces commerçantes, Saran Traoré qui rentre tout juste de la région forestière avec un camion rempli de bananes. Elle est dans une profonde désolation : « On a tellement souffert à cause de la mauvaise qualité de la route entre Guéckédou et Macenta, nous ne savons plus quoi faire. Pendant cette saison pluvieuse, les camions passent deux semaines dans la boue. Nos produits comme la banane par exemple, ne résistent pas à la chaleur. Nos marchandises pourrissent donc en cours de route et nous enregistrons d’énormes pertes. Un chargement de camion coûte 12 millions, et après la vente, nous obtenons une somme qui est en dessous des 12 millions. Moi, je veux même arrêter le commerce de la banane jusqu’à ce que la saison pluvieuse passe », témoigne cette vendeuse.

Mariam Camara

Contrairement à cette dernière, Mariam Camara, elle, ne veut pas abandonner son commerce. Mais elle souhaite de ardemment que les autorités guinéennes pensent à refaire rapidement cette route. « Je souhaite que le président de la République nous vienne en aide. Quand on achète les marchandises, ils se décomposent avant qu’ils arrivent à Conakry, mais tout dépend du président. S’il veut nous aider et arrêter notre souffrance, il n’a qu’à bitumer la route », lance-t-elle.

Le retard enregistré sur la route entraîne régulièrement des chaudes disputes entre les vendeuses. Ces dernières s’en prennent parfois aux transporteurs quand ceux-ci mettent beaucoup de temps avant de rentrer à Conakry. Un sérieux problème, Lancei Fofana, chauffeur.

Lancei Fofana

« Avant, je faisais 2 jours en cours de route, mais actuellement je peux faire plus de 11 jours entre la région forestière et Conakry. Surtout entre Guéckédou et Macenta. Quand nous rentrons tardivement à Conakry, ça trouve le plus souvent que les bananes des femmes sont pourries. Elles nous demandent même de rembourser leurs produits. C’est un sérieux problème que nous rencontrons », indique le chauffeur.

A rappeler que la plupart des produits agricoles consommés à Conakry viennent de la région forestière de la Guinée. Mais le mauvais état des routes rend difficilement l’acheminement de ces produits dans la capitale, surtout pendant la saison hivernale.

Mohamed Doré pour Guineematin.com

Tel. +224 622 07 93 59

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