Plusieurs habitants de la sous-préfecture de Bangouya à Kindia ont été déguerpis récemment de leurs habitations. En effet, une carrière de granit a été ouverte dans leur localité, dans le cadre de la construction du barrage hydroélectrique de Souapiti. Ces citoyens ont quitté les lieux avec pleins d’espoirs, mais aujourd’hui ils sont dans une totale désillusion. Ils se sentent trahis par ceux qui les ont fait quitter leurs terres, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Il y a deux mois, plusieurs habitants du secteur Barraya dans la sous-préfecture de Bangouya ont été déguerpis de leurs habitations. Mais, à ce moment-là, ils avaient quitté leurs maisons et leurs terres sans trop de regret. Car, ils avaient été convaincus qu’ils auraient une vie meilleure un peu plus tard. La société chinoise qui exploite la carrière de granit ouverte dans cette localité de la préfecture de Kindia, avait promis à ces déplacés qu’elle va leur construire de nouvelles maisons et les indemniser.

Chaque famille a reçu une somme de 5 millions de francs pour trouver un abri temporaire. Mais depuis, les déplacés ne voient plus rien évoluer comme ils l’avaient espérer. Beaucoup d’entre eux ont fini de consommer la somme reçue et ils n’ont pas une source de revenus, puisqu’ils ont perdu leurs terres où ils pratiquaient l’agriculture. Ces derniers vivent aujourd’hui dans des conditions difficiles et se sentent trahis et abandonnés par ceux qui les ont déplacés.

N’Famoussa Camara

Parmi eux, N’Famoussa Camara. « Cette carrière se trouve sur notre propre domaine, ma plantation était située là où on va mettre l’explosif même. Ils sont venus nous déplacer, nous faire quitter nos maisons, nos plantations, en nous promettant de nous reloger. Mais depuis, on ne voit rien et nous sommes inquiets aujourd’hui parce qu’on n’a même plus à manger. C’est un sérieux problème.

Ceux qui nous ont déplacés, avaient promis de donner à chaque fin de mois trois sacs de riz et une somme de deux cent mille francs guinéens par personne. Mais nous n’avons reçus que cinq millions de francs par famille lors de notre départ. Pour nous qui avons une grande famille, cette somme est insignifiante, et maintenant nous sommes oubliés, on n’a plus de maisons, plus de terres pour cultiver et pas d’argent, comment on va vivre ? », a dit ce citoyen déplacé.

Elhadj Mamadouba Sylla

La situation de ces déplacés préoccupe aussi le chef de secteur de Barraya. Elhadj Mamadouba Sylla déplore l’attitude de la société chinoise qui exploite la carrière en question. Car, celle-ci n’a pas associé les autorités et les sages de la localité, soutient-il : « Les chinois sont venus travailler dans cette carrière, mais ils ne nous ont rien expliqués, ils n’ont associé personne d’ici. La population a voulu se révolter contre cela mais j’ai aussitôt informé le sous-préfet pour éviter une catastrophe. Après ils nous ont expliqué que ce site appartient à l’Etat, nous leur avons qu’on est d’ accord, mais même si c’est pour l’Etat ils doivent s’adresser aux sages et aux responsables de la localité ».

Malheureusement, les Chinois ont travaillé sans impliquer les autorités et les notables de la localité, regrette le chef de secteur. Pour l’heure, les déplacés se lamentent sur leur sort et se demandent ce que l’avenir leur réserve. Quant aux chinois chargés d’exploiter la carrière, ils ont entamé les travaux sur le terrain. Mais aucun responsable de la société n’accepte de se prononcer sur la situation de ces populations.

De retour de Bangouya, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628516796

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