En tournée à l’intérieur du pays depuis quelques jours, le ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle, de l’Emploi et du Travail a visité l’ENAE de Kankan dans la soirée d’hier, lundi 03 septembre 2018. Lansana Komara qui est allé s’enquérir des réalités sur le terrain, a fait un constat très amer sur l’état de cette école. Une situation que le ministre a regrettée, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kankan.

L’Ecole Nationale de l’Agriculture et de l’Elevage (ENAE) est située au quartier Bordo dans la commune urbaine de Kankan. Mais cette école professionnelle se trouve aujourd’hui dans un état alarmant. Les infrastructures sont fortement dégradées, les équipements vétustes et des herbes ont poussé partout dans la cour de l’école. A cela s’ajoute le manque d’eau. Car le seul forage dont disposait l’ENAE de Kankan n’est plus fonctionnel.

Kolako Koivogui

Une triste réalité que le responsable de l’établissement n’a pas manqué d’expliquer à la délégation conduite par le ministre. « Ce centre a été transformé en ENAE en septembre 1989. Et vous comprendrez qu’il a hérité d’un site ancien de l’institut des sciences agro-géotechniques de Kankan. Donc, à son état actuel il faut reconnaitre que les infrastructures et les équipements sont vétustes. Donc, on aurait souhaité auprès de l’autorité qu’elle nous vienne en aide pour ce problème. Ensuite, nous avons quelques insuffisances par rapport aux professeurs en spécialité d’élevage. Donc, nous souhaitons que les collègues qui seront désormais affectés en élevage soient des spécialistes. Parce qu’on reçoit certains qui ne peuvent pas pratiquement enseigner. Et ensuite, nous avons une insuffisance de domaines agricoles et de sécurisation de l’école. Si vous avez remarquez, le mur, par endroits, n’est pas achevé. Donc, nous voudrions être en sécurité », a déclaré Kolako Sovogui, directeur général de l’ENAE de Kankan.

En outre, le responsable de cette école a fustigé le refus des apprenants à s’inscrire dans les écoles professionnelles. Pour cela, il a invité les autorités à implémenter une politique, permettant de faire comprendre aux jeunes que l’avenir se trouve dans les écoles techniques. « Nous avons une insuffisance des mesures d’incitation des jeunes apprenants pour venir dans nos établissements. Il faudrait qu’il y est un appui un peu plus constant pour que les enfants comprennent que les ENAE, c’est le poumon de notre économie. A l’heure qu’il fait, nous sommes à 86 apprenants dont 28 filles », a indiqué monsieur Sovogui, précisant que ce nombre est minime.

Un constat que le ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle, de l’Emploi et du Travail juge très amer.

Selon Lansana Komara, une partie de cette école a connu une rénovation mais elle n’a pas été équipée. « Nous avons des équipements qui datent du temps de Shebon, les Guinéens qui ont vécu l’époque de Shebon, ils peuvent comprendre de quoi il s’agit. Et, ces équipements ne sont plus opérationnels. Alors, ce qui veut dire réellement que nous devons continuer à multiplier les efforts pour l’ENAE de Kankan.

C’est un SOS que je lance pour l’ENAE de Kankan qui est dans état totalement dégradé. Et, c’est un peu la même chose que l’Ecole Nationale de l’Agriculture de Tolo (Kankan) qui est aussi dans un état dégradé. Bref, les ENAE sont dans un état dégradé. Si nous voulons vraiment faire la promotion de l’agriculture, si nous voulons vraiment faire l’autosuffisance alimentaire, nous avons besoin de techniciens qualifiés. Et, ces techniciens qualifiés sont formés dans ces écoles nationales d’agriculture. Donc, nous avons des efforts à fournir et s’il plait à Dieu, nous allons nous y mettre », a promis le ministre.

A noter que le ministre Lansana Komara a mis cette occasion à profit pour rendre visite aux sages et aux responsables du RPG arc-en-ciel de Kankan.

De Kankan, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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