Les forces de l’ordre ont dispersé violemment un rassemblement des travailleurs du port de Conakry, en grève depuis quelques semaines pour protester contre la concession du port conventionnel à la société turque Albayrak. Les agents de sécurité ont fait usage de la force pour disperser les travailleurs et leurs responsables syndicaux réunis en assemblée générale, a appris un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Selon Alsény Touré, membre du groupe de travailleurs du Port Autonome de Conakry en grève, ils étaient réunis à l’appel de leurs leaders syndicaux pour faire le compte rendu des négociations qu’ils ont engagées avec le Médiateur de la République, Mohamed Saïd Fofana. C’est là que des agents des forces de l’ordre les ont trouvés et les ont dispersés par la force.

« Ce n’était pas une manifestation. Lorsqu’il y a un problème, on s’est habitué à se retrouver en assemblée générale pour en parler. Ce sont donc les syndicats qui ont appelé les travailleurs pour qu’on puisse se retrouver et expliquer à la base ce qui s’est passé entre nous et le Médiateur de la République, monsieur Mohamed Said Fofana. Mais quand on est venu, on a trouvé des agents de la gendarmerie et de la police dans nos locaux.

Ils nous ont dit que c’est le président de la République, le Professeur Alpha Condé qui les a ordonnés de nous arrêter. Ils ont dit que c’est le président de la République qui leur a donné l’ordre de nous tuer, de nous massacrer, de nous faire ce qu’ils veulent. Ils ont jeté du gaz lacrymogène dans le bureau où on était réuni, ils nous ont bastonnés et ils ont fait arrêter deux des nous, dont Naby Sylla et un autre dont j’ai oublié le nom », témoigne ce travailleur du port de Conakry.

Ces travailleurs protestent contre la concession du port aux turcs parce qu’ils ont appris que le contrat en question prévoit le licenciement de plusieurs travailleurs. Et même si le gouvernement a démenti cette information et assuré qu’il n’y aura pas de licenciement, Alsény Touré et les siens ne sont pas convaincus par cette version.

« Dans le contrat, les Turcs ont dit dans leur dossiers qu’ils vont licencier tous les travailleurs, on a vu ça. Mais le gouvernement dit que ce n’est pas ça. Pourtant, la directrice générale du port a bel et bien insisté sur ce point. Lorsque moi-même je lui ai posée la question par rapport au licenciement des travailleurs, elle nous a dit clairement de considérer le document dont nous disposons et dans lequel il est fait mention du licenciement des travailleurs », soutient-il.

Ces travailleurs promettent de poursuivre le combat jusqu’à ce que le gouvernement leur prouve que le port n’est pas vendu ou alors qu’il revienne sur le contrat signé avec Albayrak.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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