Alors qu’ils ont disparu de la circulation à Conakry, les billets de 100 francs sont encore visibles sur les marchés de N’zérékoré. Mais là-bas aussi, ces coupures ne sont plus la bienvenue chez beaucoup de vendeurs. Ces derniers rejettent cet argent qui ne vaut plus rien à leurs yeux, a constaté un correspondant de Guineematin.com dans la ville.

Décriés dès leur mise en circulation à Conakry, les billets de 100 francs guinéens étaient utilisés encore dans les échanges commerciaux à N’zérékoré. Mais depuis quelques semaines, bon nombre de vendeurs de la capitale de la Guinée forestière n’acceptent plus ces coupures. C’est le cas de Tao J’adore Haba, vendeur de piment au grand marché de N’zérékoré. Pour elle, ces coupures n’ont plus aucune valeur.

« On ne prend plus les billets de 100 GNF. Quand quelqu’un vient pour payer du piment, s’il a ces billets, on refuse de le servir parce qu’un billet de 100 GNF ne vaut rien. Et quand tu en perds un, le reste ne te servira à rien. C’est pourquoi moi je n’en prends plus. En plus, quand tu prends ces coupures, tu risques de ne pas pouvoir t’en débarrasser.

Un jour, je suis allé acheter du café noir et j’ai présenté des billets de 100 francs, le vendeur a dit qu’il ne prend ces billets, moi aussi je les ai déposés là-bas et j’ai pris mon café pour partir. Il a voulu insister et je lui ai dit de porter plainte contre moi. C’est à partir de ce jour que j’ai décidé de ne plus prendre ces billets », explique-t-il.

Cette version est soutenue par Pierre Haba, gérant d’un Télé-Centre au quartier Belle vue : « Au niveau de mon Télé-Centre, je prenais les billets de 100 GNF, mais quand moi je les donne aux gens, ils refusent de les prendre. Les billets que j’avais ici, il a fallu que les amène à la station-service pour acheter du carburant. Je me suis dit donc qu’il faut arrêter de les prendre désormais parce que les gens ne les acceptent pas », a dit cet autre citoyen.

De son côté, Yamon Bamba, vendeuse de bissap au quartier Tilepoulou, estime que les coupures de 100 francs peuvent leur attirer des ennuis : « Les billets de 100 GNF gonflent les portes monnaies et ça attire l’attention des voleurs sur nous. C’est pourquoi, j’ai décidé de ne plus les prendre », soutient-elle.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél : +224620166816

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