Il y a quatre ans, la Confédération Africaine de Football (CAF) attribuait l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023 à la Guinée. Si de nombreux guinéens sont aujourd’hui pessimistes, d’autres, par contre, trouvent des raisons d’espérer. Mais, la Guinée sera-t-elle à ce rendez-vous historique ? La réponse à cette question a été l’objet d’un micro trottoir de Guineematin.com, ce jeudi 20 septembre 2018, à travers un de ses reporters.

De nombreux citoyens guinéens rêvent de voir la Guinée organiser cette messe du football africain en 2023. Les citoyens de Conakry sont partagés entre crainte et espoir.

Alseny CAMARA

Alsény Camara, entraîneur d’une équipe de football informelle, en l’occurrence le FC Pokou, rencontré à Dixinn, croit que la Guinée s’en sortira avec la motivation du président de la Fédération Guinéenne de football. « Je connais le Président Antonio Souaré. Je sais qu’il fera de son mieux pour qu’on organise la CAN en Guinée. Mais, il faut que tous les responsables du football guinéen, ainsi que le ministère du Sport, s’impliquent pour aider Antonio Souaré à réaliser le rêve des Guinéens. Une seule personne ne peut pas organiser la CAN, puisque c’est toute l’Afrique qui vient. Quand nous prenons par exemple sur le plan du transport, nous avons un sérieux problème. Tous les jours, c’est des embouteillages. Il faut que la communication de nos réseaux routiers soit établie. Pour ça, ils doivent se donner les mains pour réaliser la CAN en 2023 ».

Diané Aboubacar

C’est le même espoir qui anime Diané Aboubacar, ingénieur à EDG, rencontré Kaloum, même s’il reconnait l’immensité de la tâche. « Je pense que la Guinée sera capable d’organiser la CAN 2023. Je dirai que c’est possible, seulement si la fédération guinéenne de football, le ministère, la CAF et la FIFA nous assistent pour construire les infrastructures de base. Nous n’avons que trois 3 stades où on peut retrouver les gazons. Mais, cela est petit pour une nation qui veut que son football soit développé. 24 pays seront là pour cette CAN. Il faut que la Guinée revoie ses stades. Pour organiser une CAN, il faut avoir un stade qui peut contenir capacité minimale de 15 000 à 20 000 spectateurs, voire même 40 000. Chaque stade doit posséder 2 terrains d’entrainement, des douches avec de l’eau chaude, des lavabos et des urinoirs. Mais, nos stades ne répondent pas à tous ces critères. Par exemple, le stade 28 septembre allez voir les douches. Elles ne sont pas dans les normes. La CAN doit aussi être décentralisée dans les différentes régions administratives. A savoir Kankan, Labé, N’zérékoré et Kindia. Mais ces stades régionaux ne sont pas dans les normes. C’est la raison pour laquelle que nous sommes en retard. Mais, avec la bonne gestion, les autorités sportives de la Guinée et le Comité d’Organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (COCAN), ça pourrait aller ».

Nabilaye Keïta

Par contre, Nabilaye Keita, maître d’Education Physique et de Sport de FC Talents de Guinée, dénonce l’affairisme qui gangrène le football guinéen et qui va empêcher la tenue de la CAN 2023. « Techniquement, rien ne prouve que la Guinée peut organiser la CAN 2023. Parce que la politique sportive c’est autre chose. A l’heure où nous sommes, les responsables sportifs font la politique politicienne, ils font leur propre marketing et rien d’autre après. Mais concrètement, sur le terrain, rien ne prouve. Parce que, quand on pense que la Guinée veut organiser la CAN cependant nous sommes en crise d’Hôtels, où nous allons héberger les étrangers et les touristes. Les discours sont bons, mais le travail sur le terrain reste l’essentiel. Selon moi, c’est impossible. Vue le nombre de travaux et de défis qui attend les responsables sportifs, je ne peux pas croire que la Guinée sera au rendez-vous ».

Moussa Alseny CAMARA

L’agent de sécurité, Moussa Alsény Camara, est du même avis que son prédécesseur. Rencontré au quartier Dixinn gare rail, il affirme : « organiser une CAN dans un pays digne de nom, doit tout d’abord répondre à des critères de base. C’est une bonne initiative de la part des responsables sportifs guinéens. Mais je ne crois pas que la Guinée peut organiser la CAN. Nous sommes en manque d’infrastructures sanitaires, nous n’avons pas assez d’hôpitaux, manque d’ambulance. Ensuite, l’électricité n’est pas régularisée. Puis, nous avons des problèmes d’eau dans nos robinets, en plus forte raison que d’inviter toute l’Afrique. Ça sera de la honte, mais c’est ce que moi je ne souhaite pas. C’est le bon moment de se lever et faire face aux défis, puisqu’il y a encore 5 ans avant la CAN 2023.

Aboubacar BARRY

Aboubacar Barry, entraîneur-formateur du club Académie Méga Star, rencontré au centre technique de Nongo, s’appesantit sur l’aspect sécuritaire. « Non seulement, nous sommes en manque de stades, mais, il y a un autre problème que les responsables sportifs oublient. Je ne sais pas où ils en sont sur le plan sécuritaire. Nous n’avons pas suffisamment d’hommes formés pour sécuriser les matches de football. Quand je prends des exemples frappants sur la rencontre récente entre la Guinée et la République Centrafricaine, et le match de Horoya AC contre AL Ahly d’Egypte, c’était vraiment du désordre. Les supporter rentraient sur la pelouse. Tout cela est dû au manque de sécurité. Je souhaite que les autorités mettent une structure en place pour recruter les agents de sécurité spécialement formés pour sécuriser les matches ».

Propos recueillis par Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : (00224) 657 44 33 44

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin