Le Comité d’Analyse et de Recherche Syndicale de Guinée (CARES) et les deux organismes membres, à savoir l’inter-centrale syndicale CNTG/USTG, ont organisé une table ronde à la Bourse du Travail. Tenue hier jeudi, 20 septembre 2018, la rencontre avait pour thème « Amélioration de la gouvernance budgétaire en Guinée. Diffusion du papier de position syndicale sur le budget de l’Etat 2018 », a appris un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Dans son discours de circonstance, le coordinateur du projet CARES-Guinée, Karifa Sacko, a expliqué le but visé par cette structure. « L’une des pistes de recherche, en cette seconde phase de ce projet, consiste à ressortir du budget 2018 de Guinée un papier de position syndicale afin de corriger les tirs, réajuster certaines lignes budgétaires à l’occasion de la Loi de Finances Rectificative et/ou adoption du budget et ce, conformément à leur priorité comme par exemple les allocations suffisantes des institutions en charge de la protection sociale ».

A l’issue des recherches et analyses effectuées par le projet CARES-Guinée, il a été constaté de nombreuses anomalies dans la répartition du budget de l’Etat en 2018. « La mobilisation des recettes par les directions des régies financières, comme la douane, les impôts, la pêche, les concessions minières, restent et demeurent sans impact. A cela s’ajoutent la mauvaise répartition du budget de l’Etat entre les départements ministériels, les contrats miniers mal ficelés, les marchés de gré-à-gré, les concessions du terminal conventionnel au Port Autonome de Conakry, les recettes fiscales immobilières non maîtrisées, les détournements abusifs impunis, la corruption », a énuméré Karifa Sacko.

Par ailleurs, monsieur Sacko a fait remarquer que leurs investigations ont également porté sur les crédits alloués au département de la Santé et aux institutions de protection sociale. Les responsables du CARES-Guinée ont prix exemple sur les hôpitaux de Donka et d’Ignace Deen où il y a un double-emploi. « Quand on prend par exemple le ministère de la Santé, il y a double-emploi. Les CHU de Donka et Ignace Deen sont tous dotés des lignes budgétaires alors que, ce sont des établissements publics administratifs, dont la gestion financière, administrative est autonome. Donc, en ce sens, il ne doit plus y avoir une ligne budgétaire qui relève du département de la santé. Ils doivent s’autogérer économiquement, financièrement, administrativement », a fait remarquer Karifa Sacko.

En guise de recommandations, madame Kadiatou Bah du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) préconise à ce que la Guinée s’inspire des autres pays de la sous-région ouest-africaine. « Nous, nous avons fait une analyse, nous avons fait des recherches, nous avons fait des enquêtes de terrain. Les résultats que nous avons eus, c’est ce que nous avons déposé au niveau de nos responsables syndicaux. Mais, avec cette situation, il faut que la Guinée, à l’instar des autres pays de la sous-région, s’habitue de faire un budget-programme. Mais, si chaque année c’est un budget de moyens qu’il faut mettre et non un budget de programme, on va toujours buter à des difficultés », a-t-elle prévenue.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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