Au lendemain de la reprise des négociations entre le gouvernement guinéen et le SLECG, les deux parties ont eu une nouvelle séance de travail ce vendredi, 28 septembre 2018 à Conakry. Durant une bonne partie de la journée, la délégation gouvernementale et celle du syndicat des enseignants ont discuté sur plusieurs points qui étaient inscrits à l’ordre du jour, sous la médiation de l’inspection générale du travail.

Et au sortir de la rencontre, les deux parties ont salué des avancées obtenues, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

On s’achemine peut-être vers un compromis entre le gouvernement guinéen et le SLECG dirigé Aboubacar Soumah. Ce qui permettrait bien sûr, d’éviter une nouvelle crise au sein du secteur éducatif guinéen. C’est en tout cas l’impression que l’on a eue à l’issue de la deuxième journée de négociation entre les deux parties sous la médiation de l’inspection générale du travail, ce vendredi 28 septembre 2018. Les membres des deux délégations ont exprimé un sentiment de satisfaction, saluant des avancées obtenues durant cette journée de travail.

« Aujourd’hui nous pouvons dire que les lignes ont bougé, nous nous sommes écouté, nous avons échangé sur les grands problèmes qui nous interpellent et qui ont fait l’objet de l’ordre du jour des deux séances de dialogue. Il y avait des préalables qui sont au nombre de 8, qui ont été purgés de façon responsable. La dernière question était celle de l’ouverture d’un couloir de négociation sur le salaire de base de 8 millions de francs guinéens proposé par le SLECG.

Au nom du gouvernement, nous avons affirmé à nos partenaires que nous prenons acte de leur volonté d’ouverture d’un couloir de négociation sur le sujet, mais nous nous sommes abstenus de donner aucune solution définitive sur le sujet puisqu’il s’agit d’ouvrir un couloir de négociation. C’est les négociations qui vont déterminer les solutions que de part et d’autre nous aurons à retenir pour résoudre ce problème social qui est celui de l’augmentation de salaires.

Mais les salaires, partout dans le monde, il y a des critères, nous sommes le 28 septembre 2018, le budget annuel, la loi de finances est annuelle, on ne peut prévoir des dépenses sans révision des recettes. Mais encore faut-il le dire, je peux vous dire que l’espoir est permis en raison de la double responsabilité qui incombe à chacune des parties », a déclaré devant les micros, Mounir Camara, conseiller du Premier ministre, chargé du dialogue social et du renforcement de l’Etat de droit.

Ce dernier précise que les salaires de nombreux enseignants qui étaient gelés ont été déjà débloqués et que le paiement a commencé dès ce vendredi. Il s’agissait là d’un des préalables posés par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée avant toute discussion avec le gouvernement.

Et le responsable de la délégation de négociation du SLECG s’est inscrit dans la même logique que son prédécesseur. Oumar Tounkara salue aussi les avancées obtenues, mais il attend que les engagements pris par la partie gouvernementale soient concrétisés. « La rencontre de ce 28 septembre 2018 a été une rencontre inédite, laborieuse et prometteuse. Au titre des préalable, nous les avons observés un à un, ils été évacués un à un, nous attendons dans les jours prochains les actes qui sanctionnent la satisfaction de ces préalables.

« Ces préalables sont en voie d’être satisfaits. Mais comme la parole s’envole et l’écrit demeure, comme on dit même si tu traites avec ton frère de lait il faut toujours un témoin, nos papiers demeurent nos témoins, et je crois que la semaine prochaine nous donnerons les actes qui sanctionnent ces préalables.

Nous, nous sommes des mandants de la base, demain, 29 septembre 2018, tous les enseignants des 5 communes de Conakry, les représentants du bureau régional de l’enseignement technique, les représentants de l’enseignement supérieur, les enseignants des préfectures environnantes (Coyah, Dubréka et Forécariah) sont conviés à une rencontre au siège du SLECG pour leur faire un compte rendu exhaustif. Un compte rendu à partir duquel nous aurons la conduite à tenir et la réponse à donner au gouvernement par rapport à nos requêtes surtout sur les 8 millions », a dit le secrétaire général adjoint du SLECG.

Pour l’heure donc, les négociations n’ont pas commencé autour de la revendication du syndicat relative à un salaire de base de 8 millions de francs par mois. Mais le gouvernement a pris l’engagement de satisfaire tous les préalables posés par le SLECG dont le paiement de tous les salaires du mois de septembre gelés ; le paiement des 40% aux enseignants admis à faire valoir leurs droits de retraite en décembre 2017; l’engagement des dix homologués de Kindia; le reclassement et la prise en charge financière des enseignants qui ont fait le concours d’intégration à la hiérarchie A, le deuxième certificat; la non-ingérence de l’Administration dans les affaires syndicales; et la poursuite en justice de ceux qui ont vandalisé le siège du SLECG.

Une nouvelle rencontre est prévue le lundi, 1er octobre prochain entre les deux parties.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin