L’opposition républicaine ne décolère pas suite à la décision des conseillers de la Cour Constitutionnelle de destituer leur président, Kèlèfa Sall, pour le faire remplacer par Mohamed Lamine Bangoura. Ce groupe dirigé par le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, entend se mobiliser pour barrer la route à ce que les opposants appellent « un coup d’Etat constitutionnel » qui ouvrirait un boulevard au président Alpha Condé pour modifier la Constitution afin de briguer un troisième mandat.

C’est dans ce cadre que les opposants appellent leurs partisans à se mobiliser lundi prochain pour participer massivement à la manifestation appelée par la Cellule Balai Citoyen de Guinée. Ils mettent en garde le chef de l’Etat et promettent de rendre le pays ingouvernable si Alpha Condé n’arrête de violer les lois de la République. L’opposition républicaine l’a fait savoir à l’issue d’une plénière qui a réuni ses membres dans la soirée du vendredi, 28 septembre 2018 à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après le huis clos, c’est le président du Bloc Libéral (BL) qui a été désigné par ses pairs pour faire le compte-rendu à la presse. A l’entame, Dr Faya Millimono a, au nom de ses collègues, déploré le comportement des forces de l’ordre qui ont dispersé violemment les manifestants regroupés jeudi devant la Cour Constitutionnelle pour protester contre la destitution du président de l’institution, Kèlèfa Sall.

« Ce qui s’est passé hier est une preuve éloquente que nous sommes en train de rentrer dans une dictature. Vous avez suivi le Premier ministre, vous avez suivi le ministre de l’administration du territoire nous déclarer que les manifestations sont interdites sur toute l’étendue du territoire national et c’est dans cet esprit que le gouvernement de monsieur Kassory Fofana est en train d’agir.

Toute manifestation que nous allons tenter, ils vont essayer de l’empêcher. Nous condamnons cet esprit et nous avons le devoir en tant que guinéens, de par la Constitution, de résister à ce genre de comportements qui, pour nous, constituent une manière de violer les droits et les libertés des populations », a regretté Dr Faya Millimono.

Et face à ce refus du gouvernement d’autoriser les manifestations dans le pays, les opposants ne comptent pas baisser les bras, selon leur porte-parole du jour. « Nous nous sommes rendus à un stade où il faut prendre de grands moyens. Le lundi nous allons commencer par le faire. Non seulement nous invitons tous nos militants, mais aussi tous les Guinéens épris de justice, de paix et de liberté à se mobiliser pour que nous démontrions que ce qui est en train de se passer à la Cour Constitutionnelle nous le l’acceptons pas et nous ne l’accepterons pas ».

Les opposants décident donc de s’associer à l’initiative de la Cellule Balai Citoyen de Guinée qui a appelé à une marche pacifique le lundi, 1er octobre à Conakry pour barrer la route au « coup d’Etat constitutionnel » en cours au sein de la plus haute juridiction de la Guinée. Cette marche partira du rond-point de la Tannerie en passant par l’aéroport-Bonfi-Kénien-Belle-Vue jusqu’à l’esplanade du stade du 28 septembre.

Selon Dr Faya Millimono, lui et ses amis de l’opposition veulent envoyer un message fort au chef de l’Etat, Professeur Alpha Condé. Car, disent-ils, l’actuel locataire du palais Sékhoutouréyah ne respecte pas les lois du pays. « Nous sommes en train aussi de nous préparer à dire clairement au Professeur Alpha Condé, parce que c’est de lui il s’agit, qu’il a un comportement qu’on appelle en matière d’administration des affaires, le comportement politique.

En quoi ça consiste ? Lorsque vous êtes électricien dans une grande compagnie, vous faites une année il n’y a pas de panne ; la prochaine année vous pouvez ne plus être là parce qu’on dira que tout est normal. C’est pourquoi le comportement politique de l’électricien sera de créer des pannes qu’il pourra réparer. Alpha Condé est train de créer des pannes qu’il ne peut pas réparer. C’est le deuxième comportement qui vous fait perdre votre poste. Nous demanderons le départ d’Alpha Condé si la pagaille dans les institutions ne s’arrête pas.

Il y a une procédure pour destituer le président de la Cour Constitutionnelle, si cette procédure n’est pas respectée ça veut dire que lui aussi on peut le destituer sans utiliser aucune procédure normale prévue par la loi. Parce que d’abord lui, il est la cause du blocus que nous vivons aujourd’hui. Pour se donner l’impunité, il refuse que la Haute Cour de Justice soit installée.

Ça veut dire qu’il ne veut pas que la Cour Constitutionnelle constate qu’il a parjuré et nous guinéens nous allons alors le constater comme ces activistes qui sont à la Cour Constitutionnelle sont en train de se comporter. Nous disons donc au président Alpha Condé qu’à partir de maintenant s’il ne fait pas attention, nous rendrons, comme il le veut, ce pays ingouvernable », a dit l’opposant.

Enfin, Faya Millimono a souligné que l’opposition républicaine a déjà constitué un pool d’avocats pour examiner la situation qui prévaut à la Cour Constitutionnelle. Une façon pour les opposants d’empêcher « le putsch » des huit conseillers qui ont destitué Kèlèfa Sall.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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