Honorable Abdoulramane Sinkoun Camara, député à l’Assemblée nationale « Je pense aussi qu’un ancien ministre devrait avoir l’obligation morale de réserve vis-à vis de l’Etat. Etant entendu surtout que les déclarations faites en Conseil des ministres relèvent du Secret d’Etat. C’est une question de sacerdoce ».

La Guinée a célébré, ce mardi, 02 octobre 2018, le 60ème anniversaire de son accession à l’indépendance. A cette occasion, elles sont nombreuses les autorités politiques et administratives à s’être exprimées. L’honorable Abdoulramane Sinkoun Camara, député de la Mouvance présidentielle à l’Assemblée nationale, membre du Bureau Exécutif du RPG –Arc-en-ciel, fait partie de celles-là. Il a bien voulu livrer ses sentiments…

Décryptage !

Je profiterai d’abord de cet évènement historique pour souhaiter un joyeux anniversaire à tout le peuple de Guinée. J’ai bon espoir que cet anniversaire sera le prélude à une vie meilleure pour ce peuple. Je profite de l’occasion pour féliciter le Président de la République pour cette belle initiative de projeter de la plus belle manière les festivités du 60ème anniversaire de notre indépendance en y conférant surtout une dimension internationale. Car, nous savons tous que c’est le vote sans équivoque de la Guinée qui a ouvert la voie de l’indépendance à l’Afrique Occidentale française.
L’occasion est en plus opportune pour rappeler, historiquement parlant, que la Guinée a été la cible à la fois de représailles économiques, politiques.de la Puissance coloniale qu’était la France. Comme le diraient les Commandos de l’opération PERSIL de 1960, il s’agissait de : « Réaliser la petite vengeance du Général pour faire payer à SEKOU TOURE son NON au référendum ».
C’est le lieu de dire également que plusieurs complots ont été ourdis en vue de déstabiliser notre économie et notre jeune Etat. Cela est indéniable. Les archives prouvent éloquemment que la Puissance coloniale a transformé le Président Ahmed Sékou Touré en un homme radical et ferme, étant entendu que c’était à l’époque de la guerre des tranchées. Malheureusement, ces évènements ont eu une conséquence douloureuse pour notre pays.

L’amère expérience qui en a découlé s’est hélas poursuivie sous d’autres formes. C’est ainsi que les victimes sont plus tard devenues des bourreaux, comme l’a du reste fait remarquer le Président Alpha Condé, faisant pour cela allusion aux évènements de Kindia survenus en1984, puis les dures épreuves du Stade du 28 septembre.

Nous devons panser nos plaies, nous tolérer, nous pardonner afin que nous puissions bâtir un Etat fort et uni n’ayant qu’un seul ennemi commun, la pauvreté.

Je suis donc tout à fait d’accord avec le Président Alpha quand il dit que ce 60ème anniversaire doit revêtir un caractère particulier, être à la dimension de l’événement afin de mettre en exergue les faits historiques de la responsabilité de la France, sans occulter bien entendu la nôtre.

Je regrette par ailleurs les soi-disant leçons d’un ex-jeune ministre nationaliste, certes pour rappeler au Président certaines règles du Manding. Dans la fougue de la jeunesse, il devrait aussi savoir que dans le Manding le respect du doyen, du sage est sacré et inviolable. S’inscrivant dans cette logique des principes du Manding, je pense que les conseils devraient donc se donner avec humilité, discrétion et respect. Une lettre adressée au Président de la République dans le respect et la discrétion aurait pu, à notre sens, avoir un impact plus positif et constructif

Je pense aussi qu’un ancien ministre devrait avoir l’obligation morale de réserve vis-à vis de l’Etat. Etant entendu surtout que les déclarations faites en Conseil des ministres relèvent du Secret d’Etat. C’est une question de sacerdoce.

Cependant que l’erreur est humaine. Il y a donc lieu quand on a été ministre de la République, de respecter l’Etat et le Président qui t’a choisi pour cette fonction combien de fois digne, celle de servir son pays. On lui doit du respect, pour ce faire de la reconnaissance, parce qu’il t’a choisi parmi des millions de concitoyens.

Cela dit, je pense que nous devrions fêter ce 2 Octobre dans l’allégresse, comme un seul homme, afin de glorifier la Guinée qui a été la fierté de toute l’Afrique.

Propos recueillis par Lanciné Dramé

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