Officiellement programmée pour ce mercredi, 03 octobre 2018, sur toute l’étendue du territoire national, la rentrée des classes au compte de l’année scolaire 2018-2019 a été un fiasco à Mamou. Les élèves de la ville carrefour ont simplement boudé les écoles où certains enseignants « prêts à dispenser les cours » étaient présents par endroit, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Mamou.

Comme on pouvait s’y attendre il y a quelques jours, la rentrée des classes vient d’avoir son premier coup de fouet dans la ville carrefour. Ce Mercredi devait être le premier jour de l’année scolaire 2018-2019. Mais, à l’appel du bureau préfectoral du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), les parents d’élève ont visiblement préféré garder leurs enfants à la maison. Contrairement aux encadreurs et à certains enseignants « prêts à dispenser les cours » qui ont rallié très tôt les différents établissements scolaires de la place, aucun enfant en tenue scolaire n’a été aperçu sur les axes routiers de la ville ou dans une école.

« Tout comme certains de mes collègues prêts à donner les cours, je suis venu ici à 7 heures 30. Mais, aucun élève n’est là d’abord. C’est comme s’ils (les élèves) ne veulent plus étudier. On a dit grève des enseignants et non grève des élèves. Mais, si les enseignants viennent à l’école et que les enfants restent à la maison, ce n’est pas bon du tout. Je sais que les parents ont peur ; mais, ils doivent laisser leurs enfants venir étudier. Car, c’est leur avenir qui est en jeu », a expliqué un enseignant qui a requis l’anonymat.

Dans une déclaration datée d’hier, mardi 02 Octobre 2018, le bureau préfectoral du SLECG à Mamou, par la voix de son secrétaire général, a invité les enseignants à rester à la maison. Il a aussi demandé aux chefs d’établissements d’éviter de faire pression sur les enseignants et aux parents de retenir leurs enfants à la maison jusqu’à la suspension ou la levée de la grève.

« Le mot d’ordre de grève du 03 Octobre 2018 reste et demeure. Le SLECG invite tous les enseignants à rester à la maison jusqu’à la satisfaction effective de nos revendications. Si nous restons les bras croisés, nous finirons comme nos aînés qui, 40 ans après de loyaux services rendus à la nation, sont pour la plus part en location. Aux chefs d’établissements, avec votre statut, vous pouvez ne pas aller à l’école. Mais, de grâce, ne mettez la pression sur aucun enseignant. Vous n’êtes même pas obligés d’appeler quelqu’un [au téléphone]. Aux parents d’élèves, je vous demande de retenir vos enfants à la maison. Car, ceci nous éviterait des troubles ou autres risques », a dit Thierno Souleymane Sall, qui précise que « toute personnes qui demandera aux élèves d’aller à l’école ou aux parents de laisser leurs enfants, sera tenue pour seul responsable de ce qui adviendra en cas de problème ».

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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