Parlement : Kory Kondiano vante « les performances économiques du gouvernement »

C’était à l’occasion de l’ouverture, ce vendredi 5 octobre de la deuxième et dernière séance ordinaire de l’Assemblée nationale portant sur l’examen du projet de loi de finances initiale 2019.

Devant les 68 députés présents, les nombreux invités et le public, le Chef du parlement a tenu un discours apaisé, conciliant et surtout révélateur des grandes performances économiques réalisées par le gouvernement depuis l’installation de cette législature en janvier 2014.

Claude Kory Kondiano note que, « depuis l’examen et l’adoption de la Loi de Finances 2014, la première de notre législature, beaucoup d’efforts ont été fournis par le Gouvernement et ce, malgré les difficultés dévastatrices de la Fièvre Hémorragique à Virus EBOLA sur le plan social, économique et sanitaire pendant deux ans. Les chiffres sont suffisamment illustratifs pour mettre en exergue ces efforts fournis par le gouvernement dans le but d’améliorer le cadre macro-économique et d’accélérer la marche vers le développement économique et social ».

En effet, constate t-il qu’en valeurs absolues :

– le produit intérieur brut (PIB) qui était de 43.387 milliards de GNF en 2014 a connu une tendance progressive qui a atteint, en 2018, 99.558 milliards GNF.

– la pression fiscale passe de 16,2% en 2014 à 18,16% en 2018 ;

– les recettes intérieures estimées à 9.526 milliards GNF en 2014 sont passées à 16.136 milliards en 2018 ;

– les dépenses totales ont connu une progression sensible passant de 11.136 milliards GNF en 2014 à 20.155 milliards GNF en 2018 dont 2.120 milliards GNF pour les traitements et les salaires en 2014, 4.128 milliards GNF toujours pour les salaires en 2018, quand les dépenses en capital sont passées d’environ 3.157 milliards GNF en 2014 à 7.387 milliards en 2018 ;

– on constate enfin que le taux de croissance qui était de 4,5% en 2014 passe à 6% en 2018 (malgré la mise en berne de deux ans), ce qui a permis le solde de base de passer de – 1.424 milliards GNF en 2014,à + 929 milliards en 2018.

Sans doute que ce constat chiffré justifie l’effort budgétaire significatif que chacun devrait louer pour être honnête et patriote, a indiqué le Président de l’Assemblée nationale.

Au cours du débat d’orientation budgétaire poursuit-il, « j’avais encouragé l’exécutif à prendre en compte les recommandations du secteur privé et de la société civile pour mobiliser beaucoup plus de recettes publiques afin de doter l’Etat de suffisamment de ressources intérieures nécessaires pour faire face aux besoins de financement du Trésor dans le cadre de son fonctionnement et du financement des investissements publics.

Dans le cadre précis de la gouvernance et de la transparence financière, notre Institution ne cesse d’interpeller le gouvernement sur la nécessité de produire les projets de loi de Règlement pour permettre une meilleure lisibilité des autorisations légales de recettes et de dépenses ».

C’est pourquoi, estime t-il, qu’il est temps d’agir pour garantir aux Guinéens le progrès social auquel ils aspirent en privilégiant le travail pour créer la richesse, ce qui n’est possible qu’en se débarrassent de ces habitudes de facilité, de violence et d’invectives dont souffre la société guinéenne.

Il rappelle que les divergences politiques ne doivent pas nous faire perdre de vue l’essentiel de notre combat contre les nombreux défis auxquels le peuple est confronté. Chacun de nous à quelque niveau administratif ou politique qu’il soit doit se considérer comme une variable de progrès et de salut et fonctionner comme tel pour un meilleur vivre ensemble.

En tout état de cause, « rien ne doit nous distraire pour affronter ces grands défis tels que le manque d’emplois pour les jeunes, la lutte contre la pauvreté, l’accès aux services sociaux de base, le faible niveau de développement des infrastructures etc. A cet égard, il convient, chers collègues, de féliciter le Gouvernement qui est entrain de déployer d’importants efforts pour y faire face et les résultats sont visibles même s’il y a encore beaucoup à faire », a faire savoir l’honorable Kondiano.

Visiblement ému et obligé de réprimer une larme, le Chef du perchoir souligne la nécessité pour le pays de s’inspirer de son histoire et qui se construit brique par brique avec l’ardeur et la motivation de ses fils et filles, doit rejeter toutes les prises de positions subjectives qui ne rassemblent pas, qui menacent l’unité nationale et la stabilité du pays.

Pour ce faire, il formule le souhait à chacun « d’assumer pleinement nos idées avec responsabilité dans le sens du changement qualitatif, sans renier les valeurs profondes qui fondent notre identité. Je souhaite que ce soit seulement le souci de l’intérêt supérieur de notre pays qui guide nos efforts pour bâtir collectivement une nation forte, prospère et démocratique », a-t-il dit.

En conclusion, le Président Kory rappelle son ferme attachement à la Guinée, « la Guinée de nos valeureux ancêtres, celle d’aujourd’hui dans sa quête du bonheur et la Guinée émergente de demain qui est en cours de réalisation avec le Professeur Alpha CONDE ».

Avant ce discours, le ministre conseiller et représentant du Chef de l’Etat auprès des institutions républicaines, Elhadj Mohamed Lamine Fofana, a transmis le message du Président de la République souhaitant un bon déroulement à cette session.

Dans la salle, en plus du Président de la cour des comptes, Mohamed Diaré, de la Présidente du Conseil économique et sociale, Hadja Rabiatou Séra Diallo, le représentant du président de la Cour suprême, le Médiateur de la république, Elhadj Mohamed Saïd Fofana et le représentant du Premier ministre Chef du gouvernement, Dr Mohamed Diané, Ministre d’Etat, chargé des affaires présidentielles et de la défense nationale, il y avait le député et Chef de fil de l’opposition, Elhadj Cellou Dalein Diallo.

La place du président de la Cour Constitutionnelle est restée sans occupant.

Côté Assemblée nationale, deux nouvelles figures ont fait leur rentrée. Il s’agit du tonitruant syndicaliste du port autonome, plusieurs années en rupture de banc avec l’UFR, Cheick Chérif Touré et le Secrétaire général des jeunes de l’UFDG, Mohamed Bakary Kéïta.

Le premier était le suppléant du député uninominal de Kaloum, Baïdy Aribot, actuel 2ème Vice-gouverneur de la Banque centrale de Guinée.

Le public et les participants à cette cérémonie ont également été informés du changement de camp politique du leader du RDIG.

Le président de la Commission fonction publique, affaires sociales et religieuses, Jean Marc Telliano, par ailleurs Président du Rassemblement démocratique pour l’intégration de la Guinée, quitte les rangs du groupe Libéral-démocrate pour le banc des non-inscrits.

Selon la loi, cette session ordinaire, la deuxième de l’année, se déroulera 90 jours au plus et portera sur l’examen et l’adoption de la loi de finances initiale 2019.

Le projet de loi de finances initiale, encore non disponible doit parvenir aux députés d’ici le 15 octobre 2018.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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