MafaraDepuis quelques jours, des nouvelles sur une éventuelle installation des conseils communaux, élus au soir du scrutin communal et communautaire du 04 février 2018, circulent partout dans la région administrative de Mamou. Malheureusement, les multiples reports de date enregistrés autour de cette très attendue opération mettent à rude épreuve la patience des citoyens qui ne savent plus à quel date se vouer.

À Mafara, une des 9 sous-préfectures située à une soixantaine de kilomètres (à l’Est) de la préfecture de Dalaba, l’enthousiasme des populations et les festivités (qui avaient débuté jeudi dernier) ont cédé la place à une déception qui se lit sur tous les visages, a constaté un des correspondants de Guineematin.com dans la région de Mamou.

Huit mois après le scrutin communal très controversé du 04 Février dernier en Guinée, les conseillers élus sont réduits à une « éternelle » patience. L’installation des exécutifs communaux est visiblement de la mer à boire, malgré la signature d’un protocole d’accord politique (le 08 Août dernier) pour régler le contentieux électoral qui opposait principalement le parti au pouvoir (le RPG arc-en-ciel) au principal parti d’opposition en Guinée (UFDG).

Depuis Jeudi dernier, des informations faisant état d’une possible installation des exécutifs communaux (à partir du 05 Octobre 2018) circulent dans le pays. Malheureusement, les multiples reports de date enregistrés deviennent de plus en plus éprouvants pour la majeure partie des guinéens. Et, un peu partout dans la région administrative de Mamou, cette situation polarisent les attentions et alimente les débats.

« C’est le Mercredi que je suis arrivé ici dans l’intention d’assister à l’installation du maire et de ses conseillers. Les autorités avaient dit que c’est le vendredi ; mais, contre toute attente, ça a été reporté pour le Samedi 06 Octobre. Cette date n’a pas aussi été respectée. Et, la cérémonie d’installation a été repoussée à aujourd’hui, lundi 08 Octobre. Malheureusement, dans la soirée d’hier, dimanche, nous avons appris que l’installation a été suspendue jusqu’à nouvel ordre. C’est vraiment de la pagaille tout ça », a expliqué un jeune qui dit être venu de Conakry pour assister à l’installation des conseils élus de sa Mafara natale.

Déjà, plus dizaines de personnes venues de Conakry pour cette sous-préfecture (qui a failli basculer dans la violence au lendemain des élections communales du 04 Février 2018) ont rebroussé chemin ce lundi, après cinq jours d’attente infructueuses.

De sources concordantes, même le délégué qui était venu pour cette cérémonie d’installation à Mafara est rentré ce lundi matin à Dalaba. « Il a été rappelé par les autorités », a confié à Guineematin.com un des conseillers, visiblement très déçu de ces «interminables reports».

Des reports de date qui coûtent assez d’argent aux militants de l’UFDG à Mafara. Ces militants ont préparé, dans l’euphorie totale et pour la seule journée du jeudi 04 Octobre, trois cent kilogrammes (300 KG) de riz. Ils ont aussi égorgé des bœufs et organisé des festivités pour célébrer en beauté cette fameuse installation qui tarde pourtant à venir.

Selon les accords politiques du 08 Août dernier, explique-t-on ici à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Mafara, la mairie de la commune rurale sera dirigée par l’UFDG (avec ses cinq conseils élus). Ce, au détriment du RPG arc-en-ciel qui possède six conseillers élus.

« Après les élections communales, c’est le parti l’UFDG qui a été déclaré vainqueur par la CENI. Mais, trois jours après ces résultats, d’autres qui donnaient le RPG vainqueur ont été proclamés par la même CENI. Seulement l’accord politique du 08 Août dit que c’est l’UFDG qui doit désigner le maire. Ce, bien que le parti ne possède que cinq conseillers élus sur les onze qui vont siéger à la mairie », explique Alpha Mamadou Diallo, citoyen de Mafara.

En attendant l’installation effective de leur conseil communal, les citoyens Mafara retiennent leur souffle et affichent une sérénité qui laisse entrevoir quand-même la fatigue et le désespoir instaurés sur les visages par la dure et éprouvante attente…

A suivre !

De Mafara, Keïta Mamadou Baïlo envoyé spécial de Guineematin.com

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