Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com, le procès de Paul Moussa Diawara a repris ce mercredi, 17 octobre 2018, au tribunal de Kaloum. L’ancien directeur général de l’Office Guinéen de Publicité (OGP) est poursuivi pour détournement de fonds publics, d’une valeur de près de 40 milliards de francs. Son comptable, Inza Bayo, est également concerné dans cette procédure pour complicité de détournement.

Pour l’audience de ce mercredi, étant donné que le tribunal a une nouvelle configuration, l’on a remis pratiquement les compteurs à zéro pour ce qui est des débats de fond.

Appelé à la barre par le juge Ibrahima Kébélé Bangoura, l’ancien directeur général de l’OGP a nié les faits pour lesquels il est poursuivi. Dans ce dossier, c’est l’Agence Judicaire de l’Etat qui est partie civile.

Selon Paul Moussa Diawara, il y a eu vice de forme dans cette affaire, puisque l’inspection d’Etat qui a fait l’audit de l’OGP n’en a pas la prérogative. « L’inspection d’Etat ne peut auditer une structure comme l’OGP qui est une Société Anonyme, dotée d’un Conseil d’Administration et d’un commissariat aux comptes ».

L’audience va se poursuivre avec les avocats de la partie civile, en l’occurrence maitre Lanciné Sylla qui va donner du fil à retordre à Paul Moussa Diawara.

La première mèche allumée par maitre Sylla a porté sur les encaissements d’un montant de plus de 8 milliards de francs guinéens de la société de téléphonie Orange et sur d’autres montants de Cellcom. Selon maitre Lanciné Sylla, sur plus de 14 milliards ainsi recouvrés, c’est seulement les traces de 600 millions de francs guinéens qui sont reversés au compte de l’OGP domicilié à la banque centrale. Des chiffres tirés du rapport d’enquête de l’inspection d’Etat, que Paul Moussa Diawara récuse avec la dernière énergie. La seule réponse de Paul Moussa Diawara aura été de dire qu’il n’a pas retrouvé les bordereaux de payement.

En outre, toujours se servant des données du rapport, maitre Lanciné Sylla va interroger le prévenu sur la destination de plus de 17 milliards de francs guinéens, que Paul Moussa Diawara dit avoir dépensé pour des frais d’études et de voyage de certaines employés de l’OGP et d’autres collaborateurs externes pour la France, le Canada, le Maroc, l’Algérie. L’avocat va demander au prévenu d’apporter les preuves de ces voyages d’études, les attestations obtenues, les frais d’hôtel, les billets d’avions et autres. Devant la hargne de maitre Sylla, Paul Moussa va pour un bon moment opter pour le silence. « Je ne réponds pas à vos questions ».

Loin d’avoir fini ses cartouches, Lanciné Sylla va enfoncer le clou en revenant sur la commission de recouvrement mise en place par Paul Moussa Diawara et composée de salariés de l’OGP. Selon le rapport d’audit de l’expert comptable, cette commission a reçu en tout la somme de 3 milliards, 363 millions, 711 mille 672 francs guinéens au titre des services rendus à la boite. « Ces ristournes ont été versées aux membres de l’OGP comme Jean Ouendéno et Amara Camara, qui sont pourtant régulièrement payés à l’OGP. Comment la société vivre dans de telles conditions ? ».

Paul Moussa va essayer de se défendre, sans pour autant arriver à convaincre.

Le dossier a été renvoyé au 31 octobre 2018 pour la suite des débats et le délibéré sur les demandes formulées par la défense pour la comparution de plusieurs personnalités liées à cette affaire.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin