La ville de Kindia a vécu une journée particulièrement tendue ce mardi, 16 octobre 2018, avec des violences sans précédent. Plusieurs biens privés dont le domicile de la belle-mère de Cellou Dalein Diallo et des commerces ont été saccagés et pillés. Ces violences interviennent au lendemain de l’élection de Mamadouba Bangoura comme maire de Kindia.

Une élection contestée par l’UFDG qui exige le respect de l’accord politique du 08 août 2018 donnant la mairie de cette commune urbaine au principal parti d’opposition du pays. Et cette crise politique commence à prendre des allures communautaristes, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com à Kindia.

La tension était déjà palpable avant même l’élection de Mamadouba Bangoura de l’UDG comme maire de Kindia, hier lundi 15 octobre 2018. Car cette élection s’est tenue à l’insu des conseillers de l’UFDG qui exigeaient le respect politique signé le 08 août 2018 entre l’opposition, la mouvance et le gouvernement. Accord qui prévoyait la désignation du maire de Kindia par l’UFDG.

Et ce mardi, la situation a complètement dégénéré. Les partisans d’Abdoulaye Bah, le candidat de l’UFDG à la mairie de Kindia ont pris le contrôle d’une partie de la ville et les partisans du nouveau maire plus ceux du RPG Arc-en-ciel ont pris une autre partie. La commune urbaine a été ainsi coupée en deux par des barrages et des jeunes qui règnent en maîtres dans la rue.

La maison de la belle-mère de Cellou Dalein pillée et saccagée

Après avoir coupée la circulation, les jeunes se sont livrés à de véritables violences, terrorisant tous les habitants de la ville. De nombreux commerces appartenant à des partisans supposés d’Abdoulaye Bah ont été attaqués et pillés. Le domicile familial de Halimatou Dalein Diallo, l’épouse de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne, a été également attaqué, pillé et mis à sac. On dénombre aussi de nombreux blessés.

Mais, le plus inquiétant, c’est que cette affaire, au départ politique, a fini par prendre des allures communautaristes. Des citoyens qui ont vécu ensemble plusieurs décennies durant sans problème, se voient désormais comme des ennemis et s’attaquent entre eux. Dans les rues de ville, on voyait des jeunes, certains détenant des bâtons et d’autres des machettes, demandant l’ethnie de tout passant.

Malheur à celui qui, de par son appartenance ethnique, se retrouve au mauvais endroit. Ces scènes regrettables ont duré toute la journée, malgré la présence des agents de sécurité dans la ville. Et cette situation a amené le préfet de Kindia à réagir. N’Fansoumane Touré a décidé de recourir aux militaires pour tenter de ramener l’ordre dans la ville. « On vient de signer une réquisition pour que les militaires puissent intervenir. Parce qu’on assiste à des violences sans précédent à Kindia. Il y a des gens qui ont des lance-pierre, des frondes, des machettes, je ne sais quoi d’autres, même des fusils selon ce qu’on nous rapporte et qui se livrent à des scènes difficiles à vivre. On ne pouvait pas donc rester indifférent face à cela », a indiqué le préfet qui justifiait l’intervention de l’armée dans les opérations de maintien d’ordre.

L’intervention des bérets rouges justement a permis de ramener le calme dans la ville. Tout le monde est rentré, laissant les militaires seulement dans les rues. En attendant de voir la situation qui va prévaloir dans la ville demain, beaucoup d’observateurs se demandent jusqu’où ira la bataille pour le contrôle de la mairie de la commune urbaine de Kindia.

Alpha Fafaya Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com à Kindia

Tél. : 628124362

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