Libre Opinion : Depuis 2007, la République de Guinée reste plongée dans des crises socio-politiques récurrentes, ayant occasionnés des pertes en vies humaines, des manques à gagner en matière fiscale, des destructions d’édifices public et privée pour ne citer que ceux-là.

Toutefois, il convient de souligner que, jusqu’à une date récente qu’aucune étude n’est parvenue a montré le poids de ces troubles socio-politiques sur l’activité économique nationale malgré une forte préférence des manifestants des villes mortes, marches pacifiques et grèves de tous genres.

En plus de la promotion de l’insécurité, les troubles sociaux-politiques peuvent occasionner des risques d’accrochage et d’attaques des biens publics et privés. La conséquence fondamentale des tels actes sera un risque de délocalisation systématique des entreprises privées installées dans le pays (fermeture des unités de production, distribution et commercialisation). Une telle situation contribuerait à la baisse substantielle de notre PIB et, mettre fin aux perspectives de croissance et de développement durable.

Un autre facteur non moins important est celui de la baisse des investissements des entreprises intervenant dans le processus de production. Nonobstant, l’investissement résulte d’un choix relativement complexe où se mêlent à la fois, des facteurs objectifs observables et mesurables, tel que le taux d’intérêt, et des facteurs subjectifs dont l’évaluation est difficile, telle que la confiance des milieux d’affaire.

Par ailleurs, la décision d’investissement comporte un risque qui est de ne pas pouvoir amortir les sommes engagées. Ce risque est bien entendu lié à l’incertitude de l’évolution de l’activité économique. La récurrence des crises socio-politiques, augmente ainsi le risque-pays et émet un mauvais signal au plan international et conduit à une forte hésitation des investisseurs à se tourner vers notre pays. Ceci dit, aucun investisseur rationnel ne viendra en Guinée dans cette situation d’instabilité car, les perspectives de profit resteront incertains. Or, tous les investisseurs recherchent le profit maximum.

De plus, les citoyens offreurs/demandeurs de tous services confondus, risquent de rester à la maison par peur d’être agressé par les manifestants. Bon nombre d’entre eux privilégieront leur propre sécurité que de sortir à la recherche du pain quotidien. Naturellement, cette décision aura pour conséquence directe la baisse de l’activité économique occasionnant un manque à gagner énormes pour l’Etat en matière de recouvrement fiscale.

Du coté des employés, en plus de la propension faible à l’effort, cette situation risque d’entrainer l’absentéisme et le retard qui, réduisent également le volume du travail.

Pour éviter de tomber dans une crise sans précédents, nous pensons que l’actuel gouvernement et les acteurs sociaux-politiques doivent mettre de côté leur ego et privilégié le dialogue dans le respect du cadre institutionnel et réglementaire afin de désamorcer cette crise en majorité sociale qui n’a que trop durée car, elle a des conséquences néfastes sur la stabilité socio-économique et politique du pays tous favorable à l’émergence de notre pays.

Mamadou Safayiou Diallo

Économiste, Enseignant-Chercheur

Membre du CRED

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