Tué par balles le mardi 16 octobre 2018, lors de la deuxième journée ville morte organisée par l’opposition guinéenne, Ibrahima Bah, a rejoint sa dernière demeure ce vendredi, 19 octobre 2018, au cimetière de Bambéto où reposaient déjà 94 des victimes du régime Alpha Condé, lors des différentes manifestations politiques depuis 2011, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi le cortège funèbre.

Âgé de 22 ans et originaire de la préfecture de Dalaba, Ibrahima Bah a été accompagné par les différents leaders de l’opposition, notamment Cellou Dalein Diallo, Thierno Saïdou Bayo, Dembo Sylla, Nestor Kagbadouno, Tidiane Diallo, Elhadj Abdoulaye Diouma Diallo, etc.

Après la levée du corps à la morgue du CHU Ignace Deen à 11 heures, le cortège funèbre a pris la route de la mosquée de Bambéto, en haute banlieue où il y a eu la prière sur le corps, juste après celle du vendredi.

Interrogé par les journalistes au sortir de la mosquée, le chef de file de l’opposition a déploré le fait que les forces de sécurité deviennent de plus en plus des sources d’insécurité dans le pays. « Ibrahima Bah est la 96ème victimes de nos forces de l’ordre lors des manifestations politiques ou syndicales. La 95ème était le jeune qui a été abattu à Mandiana lors de la révolte des jeunes pour exiger le respect des engagements pris par Alpha Condé. C’est triste pour notre pays d’être témoin oculaire de cette violence contre des citoyens par ceux-là qui sont recrutés, formés, payés et équipés pour assurer la sécurité des citoyens », a expliqué le président de l’UFDG.

Cellou Dalein Diallo est surtout frustré qu’il n’y ait jamais eu d’enquête pour identifier les auteurs de ces crimes parce que l’impunité encourage la récidive. « La première victime du régime d’Alpha Condé était Zakariaou, ici même à Bambéto. Il n’était pas loin de ma voiture lorsqu’un policier a tiré sur lui. Aucune enquête ! Les parents ont déposé des plaintes qui n’ont jamais eu de suite. Maintenant, on est à 96, les guinéens doivent s’interroger : pourquoi cette haine ? Pourquoi cette violence contre des gens qui exercent un droit constitutionnel ? », a demandé Cellou Dalein Diallo avant d’imputer la responsabilité à l’Etat et aux officiers de la police judiciaire qui devraient s’employer à identifier les auteurs des crimes et les traduire devant les tribunaux.

Face à la marche annoncée par l’opposition le mardi prochain sur l’autoroute Fidèle Castro qui fait déjà beaucoup de crainte, le président de l’UFDG a renvoyé encore la balle au président de la République. « C’est à Alpha Condé de savoir si les policiers reçoivent l’ordre d’encadrer ou de réprimer la manifestation. Nous, nous exerçons un droit constitutionnel d’organiser des marches pacifiques. On a réussi à faire des marches plusieurs fois sans dégâts », a-t-il dénoncé.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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