Comme annoncé précédemment, la ville de Kindia a vécu des violences sans précédent en début de semaine, suite à l’élection controversée de Mamadouba Bangoura comme maire de cette commune urbaine.

Des citoyens de la ville se sont affrontés pendant deux jours, faisant de nombreux blessés dont certains par balles, des maisons et des boutiques pillées et saccagées. Après le retour le calme, un envoyé spécial de Guineematin.com à Kindia a rencontré plusieurs victimes de ces violences qui ont raconté leur mésaventure.

Décryptage !

Mamadou Alpha Diallo

Mamadou Alpha Diallo, commerçant. Sa boutique a été saccagée et pillée au quartier Gare : le mardi matin, quand on est venu pour ouvrir nos boutiques, nous avons trouvé que le climat n’était pas favorable. Nous avons décidé donc de ne pas ouvrir et de rester à côté pour observer la situation. A un moment donné, nous avons vu de petits groupes de jeunes qui venaient lancer des pierres et on s’est dit de reculer d’abord jusqu’à ce qu’on sache quelles sont leurs intentions réelles. Et, nous avons été surpris après de voir des loubards venir s’attaquer directement aux boutiques.

On a fait appel immédiatement aux forces de l’ordre pour leur demander de nous secourir, et en attendant l’arrivée des agents de sécurité, il y a eu des confrontations entre les jeunes pilleurs et nous les commerçants. Mais, comme ils étaient plus nombreux que nous, ils ont réussi à défoncer les portes de plusieurs boutiques, ils les ont vidées de leurs contenus. Après, la police et la gendarmerie sont venues jeter des gaz lacrymogène pour les disperser mais c’était déjà trop tard parce qu’ils avaient réussi à vider les boutiques attaquées.

Mabinty Bangoura

Mabinty Bangoura, citoyenne du quartier Gare : moi, j’étais sorti pour aller chercher le quotidien. C’est là-bas que j’ai appris qu’un groupe de loubards est venu attaquer notre maison. Ils ont tiré sur mon fils qui a été blessé et ils ont saccagé notre maison et emporté tous les biens qui étaient là-bas. Nous ne sommes pas des politiciens, nous ne sommes pas des autorités, nous sommes de simples pauvres, mon mari est décédé récemment, je vis seule avec mes enfants. Je me demande donc pourquoi ces gens sont venus nous attaquer.

Fodé Camara

Fodé Camara, mécanicien au quartier Gare : les manifestants voulaient me tuer. J’étais à la maison, ils sont venus mettre le feu sur la maison. C’est quand je cherchais donc à sortir pour me sauver que j’ai eu les brulures que vous voyez sur moi comme ça. Ils étaient très nombreux, ils ont tout fait d’abord pour gâter la porte de la maison pour rentrer mais ils n’ont pas pu. C’est ainsi qu’ils ont jeté des pierres sur la maison pour gâter le toit. Ensuite, ils ont décidé d’incendier la maison pour nous tuer ma femme et moi qui étions à l’intérieur. Heureusement, Dieu nous a sauvés, moi je suis sorti avec des brulures sur tout le corps.

Alpha Oumar Bah

Alpha Oumar Bah, habitant du quartier Sambaya : j’étais couché à la maison avec d’autres personnes. Un groupe de jeunes armés est venue attaquer notre maison. Ils ont tenté de défoncer la porte pour rentrer dans la maison, nous aussi on a décidé de sortir pour répliquer. Dès qu’on est sorti, ils se sont enfuis. Et, ils ont ouvert le feu sur nous à l’aide de fusils de chasse. Une balle m’a touché et on m’a admis à l’hôpital. Les médecins ont pu extraire la balle et je reçois des soins ici maintenant.

Thierno Hassimiou Bah

Thierno Hassimiou Bah, vendeur de produits pharmaceutiques : le lundi, 15 octobre, un de mes clients m’a appelé au téléphone pour me dire d’aller l’aider à avoir des médicaments, il m’a dit que c’est urgent. Je suis sorti donc pour tenter d’aller l’aider à avoir les produits qu’il voulait. Arrivé au quartier Wondy, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas de passage, j’ai décidé de rentrer donc dans le quartier pour aller. Et c’est là qu’un vieux a tiré sur moi à l’aide d’un fusil de chasse. Moi je l’ai vu et je connais jusqu’à chez lui parce que juste après avoir tiré sur moi il est rentré dans sa maison

Mamadou Bailo Diallo

Mamadou Bailo Diallo, conducteur de taxi moto : le mardi matin, je suis sorti très tôt de la maison pour accompagner mon oncle qui était venu nous saluer, pour qu’il aille s’embarquer et rentrer à Conakry. On est allé à la Gare et il s’est embarqué pour aller. A mon retour, j’ai rencontré un groupe de jeunes qui avait commencé à barrer la route dans le quartier Gare, j’ai réussi à m’enfuir et échapper à ce groupe qui voulait s’en prendre à moi.

Je suis rentré dans le quartier dans l’espoir de ne pas tomber sur les manifestants. Mais quand je suis arrivé vers Wondy hôpital, un autre groupe est venu m’attaquer, un d’entre eux m’a donné un coup de machette à la tête. C’est là qu’un jeune qui me connaissait m’a vu, il m’a pris pour me conduire à l’hôpital de Wondy mais on a trouvé que c’est fermé. Un conducteur de taxi moto qui me connait aussi m’a pris là pour m’envoyer à l’hôpital régional.

Propos recueillis par Alpha Fafaya Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com à Kindia

Tél. : 628124362

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin