Même s’il n’est pas encore agréé, le Mouvement Démocratique Libéral (MoDEL), nouveau parti politique dirigé par Aliou Bah, tient depuis quelques semaines des réunions hebdomadaires à son siège situé à Kobaya, dans la commune de Ratoma. Une façon pour les responsables de la formation politique en gestation, de discuter autour de la mise en place des structures du parti sur le terrain, mais aussi de se prononcer sur l’actualité nationale.

Et, avant-hier, samedi 20 octobre 2018, deux sujets ont particulièrement retenu les attentions du président du MoDEL. Il s’agit des problèmes qui entourent l’installation des conseils communaux en cours et la grève des enseignants qui paralyse le secteur éducatif guinéen, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

En parlant de la situation sociopolitique qui prévaut actuellement en Guinée, Aliou Bah se montre déçu et très amer. Le président du parti politique MoDEL déplore « la crise multidimensionnelle » qui frappe notre pays et accuse les autorités d’avoir créé et entretenu sciemment cette crise pour occuper la population, afin d’éviter que celle-ci ne leur demande des comptes sur leur gestion du pays. Il trouve honteux les problèmes qui assaillent l’installation des conseils communaux à travers le pays.

« Cette situation est une honte pour notre pays. Attendre plusieurs mois pour installer les élus, c’était déjà mauvais. Deuxièmement, il y a un discours stigmatisant, discours de haine qui était entretenu par la présidence de la République et aussi les acteurs de la mouvance présidentielle, y compris le Premier ministre. L’approche qu’ils ont utilisée par rapport à cet état de fait est une très mauvaise approche.

Le cas de Kindia est illustratif. Des discours haineux et ethniques étaient entretenus par des autorités morales. La justice a démissionné dans notre pays. J’ai vu la violence qui est en Forêt, en Haute Guinée, en Basse Guinée, ils ont entretenu un climat de tension. La Guinée est devenue fragile, un pays sur le plan social, instable ; sur le plan politique, un pays à risque », estime l’opposant.

Le jeune leader politique regrette aussi la crise au sein du secteur éducatif. Comme on le sait, près de trois semaines après la rentrée scolaire en Guinée, les cours peinent à reprendre dans la plupart des écoles publiques du pays. Aliou Bah trouve légitime la revendication des grévistes et dénonce l’attitude du gouvernement face au syndicat des enseignants à l’origine de cette grève. « Le gouvernement a fait beaucoup de manipulations pour contrecarrer le SLECG, mais les enseignants ont raison de demander la revalorisation de leurs conditions de vie d’autant plus que c’est un pays champion de la corruption, de la mauvaise gouvernance.

Toutes les contre-performances économiques que nous avons, sont liées à la mauvaise gouvernance et l’amateurisme. Donc, on ne peut pas continuer à travailler dur, et puis de végéter dans l’extrême pauvreté là où un petit clan mafieux, oligarchique est en train de s’enrichir sur le dos de nos compatriotes dans l’impunité totale », a dit le président du MoDEL.

Mamadou Laafa sow pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin